La Suisse, tenante du bâton de Nasazzi, est-elle la meilleure équipe du monde?

Antoine Maes

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L'équipe de Suisse, tenante du bâton de Nasazzi, le 11 octobre 2013, à Tirana.
L'équipe de Suisse, tenante du bâton de Nasazzi, le 11 octobre 2013, à Tirana. — GENT SHKULLAKU / AFP

Cette semaine, ils sont nombreux à avoir été pris d’un sacré mal de crâne sur une page du site de la Fifa. Dans l’angoisse d’une qualification au Mondial 2014, les supporters des Bleus voulaient tous savoir la même chose: l’équipe de France sera-t-elle tête de série pour les barrages, statut déterminé par le fameux classement Fifa? Vous n’avez trouvé personne capable de vous expliquer comment il est établi? Nous non plus.

Il existe pourtant une solution beaucoup plus simple. Et si la meilleure équipe du monde était celle qui détient l’étrange Bâton de Nasazzi? S’il est en ce moment entre les mains de la Suisse, il y a peu de chance que les joueurs de la Nati en aient conscience. «L’origine est un peu floue. Nasazzi était le capitaine de l’Uruguay, champion du monde en 1930, raconte Michaël Bastien, qui a créé le seul site français dédié à ce trophée fantôme. Il ne voulait pas attendre quatre ans avant de remettre son titre en jeu. Pour eux, l’équipe qui les battrait serait à son tour la meilleure du monde.»

«Ce bâton a des valeurs assez nobles»

Moralité, la Celeste est battue en 1931 par le Brésil, qui perd le bâton en 1934 contre l’Espagne, qui le refile elle-même à l’Italie… jusqu’à atterrir depuis cet été entre les mains de la Suisse. Le fameux totem a depuis traversé les continents, les âges, les guerres et toute l’histoire du football. «Ce bâton a des valeurs assez nobles. C’est un peu comme un match de boxe, où celui qui va gagner est celui qui l’emportera au bout de 90 minutes. Peu importe ton classement Fifa, si c’est un match amical ou officiel», assure Michaël Bastien. 

Avec son frère Rémy, il a donc lancé ce fameux site qui suit le parcours du bâton de Nasazzi depuis maintenant 73 ans. «Il reflète quelque chose au niveau géopolitique. Entre 1939 et 45, la transmission se fait entre les équipes des alliés du IIIe Reich, parce qu’elles ne jouaient qu’entre elles. Tu vois aussi que le trophée est très peu en Afrique. Le premier c’est le Nigeria en 1970, parce que les matchs amicaux avec les pays d’Afrique sont très rares», raconte-t-il.

«On aime aussi ce côté virtuel, donc on ne se voit pas remettre un trophée virtuel»

Les deux frères reconnaissent volontiers que leurs sources sont parfois aléatoires, sur l’origine de l’histoire elle-même. Retenez tout de même que la France l’a possédé pour la première fois en 1977 après une victoire contre la RFA grâce à un but d’Olivier Rouyer. Et que le Brésil est la sélection l’ayant le plus souvent ramené à la maison (dix fois). D’ailleurs, le top 10 reflète assez fidèlement la hiérarchie du foot depuis 1930.

Michaël et Rémy Bastien n’imaginent pas un seul instant remettre un jour physiquement le Bâton de Nasazzi: «C’est un truc de geek du foot, propre à la culture alter-foot. On aime aussi ce côté virtuel, donc on ne se voit pas remettre un trophée virtuel», assure Michaël. Tout virtuel qu’il est, il attise pourtant les convoitises. «Quelqu’un est déjà entré en contact avec nous en nous disant qu’il avait déposé le nom «Nasazzi» à l’INPI et qu’on devait lui laisser notre site», raconte Michaël Bastien. Pour la remettre à l’équipe suisse?