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Alberto Contador: «J'aimerais qu'en France, on parle plus des courses que du dopage»

Alberto Contador: «J'aimerais qu'en France, on parle plus des courses que du dopage»

CYCLISME – Le coureur espagnol n'a pas renoncé à gagner un nouveau Tour de France...
Propos recueillis par Julien Laloye

Propos recueillis par Julien Laloye

Il ne sort pas de la meilleure année de sa carrière, mais Alberto Contador laisse parler ceux qui pensent qu’il n’a plus de victoire sur un grand Tour dans les jambes. Pour 20 Minutes, l’Espagnol de Saxo bank, double vainqueur sur les Champs en 2007 et 2009, évoque son envie de regagner le Tour de France, une épreuve où il s’est découvert un nouveau rapport avec le public et les fans.

Votre saison 2013 n’a pas été fameuse. Ca vous gêne si on vous dit que vous n’êtes plus le coureur que vous étiez?

Les gens ont le droit d’avoir une opinion, c’est le sport qui veut ça. Je ne fais pas attention à ce qu’on dit de moi, que ce soit quand ça va bien ou quand ça va mal. Je sais quand je n’ai pas atteint mes objectifs je n’ai pas besoin qu’on me le dise. Mais je sais aussi que ça me donne une motivation supplémentaire pour gagner le Tour de France l’an prochain.

Ca veut dire que gagner le Tour, ça reste le summum pour vous?

C’est différent qu’à mes débuts, lorsque je suis venu la première fois à 23 ans pour découvrir la course et apprendre. Avec le temps c’est devenu une obligation de faire le Tour et d’essayer de le gagner. Mais oui c’est une course qui continue à me faire rêver sinon je ne travaillerais pas aussi dur au quotidien. Je ne connais pas encore le tracé de l’édition 2014, mais il y a de très fortes chances que j’y sois.

C’est une course que vous aimez?

C’est vrai que c’est une course dont je ne profite pas vraiment en raison de la tension et de la pression que j’ai sur les épaules. Ca ne me laisse pas beaucoup de temps pour apprécier. Le Tour, tu n’en profites qu’une fois que c’est fini.

Surtout que le public français ne vous a pas toujours épargné…

Il s’est dit beaucoup de choses là-dessus, mais c’est tout le contraire quand je suis sur le vélo. En 2011 c’est vrai que ça c’était mal passé, peut-être parce que je venais de gagner l’année précédente [avant d’être déclassé pour un contrôle positif au clenbuterol, ndlr]… mais en même temps à l’époque je me fais siffler au départ de la course, jamais pendant.

Aujourd’hui, vous vous sentez apprécier à votre juste valeur dans notre pays?

Je me sens aimé quand je cours en France. Cette année par exemple ça a été incroyable. J’entendais crier mon nom sans cesse, sur la route, à la sortie de l’autobus, dans les hôtels… Les gens n’ont pas arrêté de m’encourager. C’est plus facile de courir dans ces cas-là et ça me donne envie de revenir et de le gagner de nouveau.

Même si on y parle plus dopage qu’ailleurs?

C’est pareil partout. On a tous les mêmes règles et les mêmes contraintes de localisation permanentes. En France et dans le monde.

C’est un sujet qui vous agace?

Le dopage il faut en parler. Quand il y a un contrôle positif il faut que tout le monde le sache. Mais donner autant de visibilité à une affaire de dopage, rebondir chaque jour dessus, en parler sans cesse…J’aimerais qu’on parle plus des courses que du dopage même si je suis le premier à dire qu’il faut lutter contre la triche.

Vu de France, on se demande pourquoi autant d’espagnols sont capables de gagner des grandes couses et pas les Français? C’est que vous travaillez plus?

Non je suis persuadé que ça travaille dur en France. Je suis sûr que quand Voeckler gagne les courses qu’il gagne, ce n’est pas le signe qu’on s’entraîne mal à Europcar. Ca ne s’est pas fait et ça me semble difficile aujourd’hui, mais cela ne m’aurait pas dérangé de courir dans une équipe française. On parle d’équipes du World Tour qui ont des résultats. Aujourd’hui il y a des Français avec du potentiel.

Lesquels?

Pinot a réalisé une saison impressionnante, il a beaucoup de potentiel. Après si on le demande de gagner le Tour demain, c’est compliqué. C’est un coureur jeune, il doit encore progresser. Il lui faudra du temps. Peut-être qu’il le gagnera un jour, peut-être pas. Il n’y a pas que cette course dans la vie.