Roland-Garros 2013: Julien Benneteau, la réussite d'un laborieux

Romain Baheux

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Julien Benneteau à Roland-Garros le 29 mai 2013.
Julien Benneteau à Roland-Garros le 29 mai 2013. — MIGUEL MEDINA / AFP

En tennis, il existe deux types de joueurs. Il y a les petits prodiges programmés pour tout casser, comme Rafael Nadal ou Richard Gasquet qui attirent l’attention des magazines spécialisés avant même leurs premiers boutons d’acné. Et il y a les laborieux, dont la carrière est liée à leur capacité à éviter les blessures et à tirer parti de leurs qualités pour grimper au classement ATP.

Indiscutablement, Julien Benneteau appartient à la deuxième catégorie. Pas forcément pétri de talent, le Français, opposé à Roger Federer au troisième tour de Roland-Garros vendredi, est parvenu à exploiter au maximum son potentiel jusqu’à obtenir le statut de tête de série à Paris cette année.
 
«Il n’avait pas de facilités au départ»
 
«On savait qu’il pouvait bien jouer mais on savait qu’il ne serait pas de ces joueurs lancés pour intégrer le Top 10 un jour», explique Thierry Champion, son ancien coach. «Il n’avait pas de facilités au départ, il a dû se construire pour en arriver là, ajoute son actuel entraîneur Loïc Courteau. Il fait tout bien mais il n’a pas de véritable coup fort. Il est obligé d’utiliser sa tête pour compenser.» Pilier du double tricolore en Coupe Davis, Benneteau analyse en permanence son jeu, qui ne lui laisse guère de marge de manœuvre sur le reste de la concurrence. «Il est sans arrêt en train de chercher la manière dont il peut s’améliorer», décrit Champion.
 
«Il a surtout progressé psychologiquement ces dernières années, poursuit son entraîneur. Il sait quand il faut accélérer dans une partie.» Gêné par une blessure contre Tobias Kamke mercredi au deuxième tour, il a ainsi eu l’intelligence de laisser filer le quatrième set pour se préserver.
 
Sa régularité, Benneteau la doit aussi à sa polyvalence. Quart de finaliste à Roland-Garros en 2006, il a poussé Roger Federer à disputer cinq sets sur le gazon de Wimbledon l’an dernier avant de le battre sur dur à Rotterdam cette année. «Il est capable de jouer sa carte un peu partout, souligne Courteau. En travaillant spécifiquement, il pourrait être meilleur sur une surface en particulier mais cette capacité lui permet de ne jamais descendre trop bas au classement.» Et de défier de nouveau le Suisse vendredi.