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Le handball français regagnera-t-il un jour?
HANDBALL•L'équipe de France doit faire face à un renouvellement de génération...Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Saragosse (Espagne)
Cette fois, impossible d’agiter l’excuse d’un titre olympique où d’un délai trop court pour tout chambouler. Après cinq années passées à dominer le handball mondial, l’équipe de France va devoir tourner une page générationnelle, avec toutes les conséquences que ça implique en termes de résultats. Sous-entendu, si personne n’attendait des Bleus qu’ils soient champions de tout à vie, doit-on se faire à l’idée qu’il faudra attendre la Saint-Glinglin avant le prochain podium international?
«Je vois cette équipe médaillée en 2016»
Claude Onesta, confirmé jusqu’en 2017 ( !), jure qu’en dépit des apparences, « il voit cette équipe médaillée à Rio, même si elle ne dominera plus ses adversaires outrageusement comme avant», soutenu par son DTN Philippe Bana: « Ile ne faut pas confondre ce mondial avec la fin d’une équipe. La France à l’habitude de se renouveler par tiers, avec des jeunes qu’on a commencé à voir et une ossature de cadres qui va continuer à transmettre les valeurs de ce groupe.» L’argument est recevable, surtout si les jeunes en question (Grébille, Mahé, Anic) ont le même sang-froid que Valentin Porte face à la Croatie. Il est vrai aussi que les Bleus n’ont pas cessé d’exister après les Barjots où la fin de carrière de Jackson Richardson.
Pourtant, certains travers constatés lors de ces championnats du monde laissent penser que la suite ne sera pas si aisée. La défense, ciment de toutes les conquêtes tricolores depuis 1992, montre de gros signes de faiblesse depuis deux ans. Un défaut que la retraite de Didier Dinart, moins rayonnant mais indispensable dans son rôle de guide, ne va pas aider à corriger: «La relève existe sur les autres postes, mais trouver un remplaçant du niveau de Didier, c’est le vrai défi qui attend le staff, juge Denis Lathoud. Est-ce qu’il faut prendre le temps de former un spécialiste comme lui ? Demander à Sorhaindo de se consacrer uniquement à la défense? Ca va être compliqué…» L’absence de profils de ce type parmi les espoirs français pourrait vite trancher le débat et saper progressivement l’identité du handball français.
«Un surnom difficile à porter»
Il faudra continuer à vivre, aussi, avec le bilan sans pareil des Experts et ce surnom «si difficile à porter» songe William Accambray. Le Montpelliérain aimerait penser que le grand public et les médias seront désormais plus patients avec l’équipe de France, mais il n’y croit pas : «Les gens vont continuer à être exigeants avec nous tant qu’il y aura dans cette équipe des joueurs qui ont fait partie de cette aventure et qui auront gagné des titre. Or à partir du moment où on ne dominera plus, ça va être très lourd à vivre pour ceux qui suivront.» Réapprendre à perdre sans que cela ne dure trop longtemps, tout un art à découvrir pour les Bleus.


















