Bleus: Deschamps et ses hommes de main

FOOTBALL Quatre hommes forts se dégagent du nouveau staff de l’équipe de France...

Julien Laloye

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Didier Deschamps en grande discussion avec son adjoint Guy Stéphan, le 8 octobre 2010 à Clairefontaine (Paris).
Didier Deschamps en grande discussion avec son adjoint Guy Stéphan, le 8 octobre 2010 à Clairefontaine (Paris). — A.REAU/SIPA

C’était l’un des points d’achoppements entre Noël Le Graët et Laurent Blanc. Peut-être même la raison majeure pour laquelle le sélectionneur n’a pas prolongé son bail en bleu: la taille (20 personnes) et le prix de son staff (2 millions d’euros par an). Prévenu en amont des intentions de la FFF de réduire la voilure, Didier Deschamps a accepté de sacrifier Antoine Pintus, le préparateur physique qui l’accompagne depuis Monaco, en plus de composer avec certains relais directs de Le Graët. Entre les hommes de confiance et les interlocuteurs obligés, le staff des Bleus gravite autour de quatre protagonistes au rôle bien défini.

Guy Stéphan, l’allié de toutes les batailles

Deschamps n’a pas besoin de se forcer pour faire l’apologie de son adjoint, qu’il connaît depuis les années Lemerre en équipe de France. «Guy est quelqu’un de fidèle. On n'a pas besoin de beaucoup se parler pour se comprendre […] Les joueurs doivent ressentir cette unité.» Le Breton présente un double avantage à son poste: il plaît à Le Graët, qui a appris à l’apprécier lors de ses débuts professionnels… à Guingamp, et il est presque entraîneur en chef dans l’esprit, fonction qu’il a occupée à plusieurs reprises (Lyon, Bordeaux, Sénégal). A Clairefontaine, c’est souvent lui qui dirige les entraînements et qui se charge de l’échauffement avant le match. Un vrai numéro 1 bis donc.

Philippe Tournon, l’historique

Tout journaliste sportif parisien a eu au moins une fois affaire à Philippe Tournon dans sa vie. Voilà 30 ans que ce dernier régit les rapports entre les joueurs et les médias, exception faite de la période Domenech. Intime de France 98, Tournon a été rappelé par Laurent Blanc pour «normaliser les relations» entre les deux camps après la Coupe du monde 2010. Unanimement apprécié par ses anciens confrères, le soixantenaire un peu vieux jeu a réussi à recréer un lien entre les internationaux et leurs médiateurs auprès du grand public. Non affilié la FFF, qui le rémunère à la prestation, Tournon a uniquement rempilé parce qu’il s’agissait de Deschamps.

Franck Raviot, l’homme à tout faire

L’autre survivant à plein temps de l’époque Laurent Blanc occupe officiellement la fonction d’entraîneur des gardiens de l’équipe de France, après avoir côtoyé une bonne moitié des portiers de L1 chez les Espoirs de 2000 à 2010. Mais Raviot ne fait pas que ça. Il est aussi le premier «superviseur» du sélectionneur sur le terrain. Dans Le Monde, Gérard Prêcheur, qui continue à travailler avec lui à l’INF (institut national de formation), n’en dit que du bien: «L'expérience qu'il acquiert et les échanges qu'il a avec les plus grands gardiens d'Europe, c'est tout bonus. En tant que directeur, c'est de l'or d'avoir un collaborateur de ce niveau de compétence.» Didier Deschamps semble partager le même avis.

Erwan Le Prévost, l’infiltré

C’est le grand inconnu du staff tricolore, mais pas le moins important. L’ex-directeur adjoint du service marketing de la FFF peut être présenté comme le garde-fou de Le Graët auprès de Deschamps dans l’organigramme (coordinateur). Ce dernier préférait Henri Emile, un ami de longue date comme Tournon, mais l’ancien coordinateur sportif de Laurent Blanc, dont Jean-Pierre Escalettes avait un jour dit qu’avec lui «l’affaire du bus de Knysna ne serait pas arrivée», n’a pas réussi à éviter les dérapages intempestifs de certains joueurs en Ukraine. Le Prévost n’a pas son profil, ni celui de Marino Faccioli, lui aussi remercié par Le Graët. Il faudra le juger sur pièce.