« Concrétisation d’un rêve » : L’astronaute française Sophie Adenot se confie avant son départ pour l’ISS
vers l’infini…•En février, l’astronaute Sophie Adenot décollera en direction de la Station spatiale internationale (ISS) pour une mission de huit mois20 Minutes avec AFP
«C’est la concrétisation du rêve de la petite fille que j’étais ». L’astronaute française Sophie Adenot ne peut cacher son enthousiasme avant son départ pour la Station spatiale internationale (ISS), prévu à partir du 15 février pour une mission de huit mois. A trois mois du décollage, prévu avec trois autres astronautes, le « compte à rebours est plus que lancé », a-t-elle expliqué. Et le programme de préparation, déjà intense, va encore s’intensifier.
« On va être dans une capsule spatiale en haut d’une fusée qui mesure 70 mètres de haut, qui va accélérer jusqu’à une vitesse de 7,6 km par seconde, puis être en orbite libre autour de la Terre jusqu’à l’amarrage à une station qui va à une vitesse de 28.000 km heure. On va vivre ensemble la vie quotidienne, mais aussi l’intensité des missions, des sorties extravéhiculaires, des manœuvres de bras robotiques. Et ensuite, quand on va rentrer sur Terre, le bouclier thermique va absorber une énergie qui est équivalente à 30 TGV lancés à pleine vitesse », a-t-elle déroulé.
Malgré tout, « à ce stade en particulier de l’entraînement, on a toutes les clés pour être serein », a estimé l’ingénieure et ancienne pilote d’essai de 43 ans, venue présenter à Toulouse (ouest) les expériences scientifiques préparées par le Centre national d’études spatiales (Cnes) qu’elle mènera à bord de l’ISS. « On s’entraîne beaucoup aux situations d’urgence, justement pour être sereins. Qu’est-ce qui se passe s’il y a une dépressurisation d’urgence ? S’il y a un feu à bord ? S’il y a une fuite de plomberie à bord ? », a-t-elle détaillé.
Expériences médicales
Avant le départ, Sophie Adenot doit aussi s’atteler à la collecte de données médicales de référence qui serviront à étudier l’effet de la microgravité sur son corps. « Un astronaute vieillit plus que de normale quand il est dans l’espace parce qu’il est soumis à un stress intense. On peut faire beaucoup de recherches qui aident à développer des procédures médicales mais aussi trouver des solutions à des maladies ou comprendre mieux le vieillissement », a-t-elle expliqué.
A bord, certaines des expériences développées par le Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (Cadmos) viseront justement à recueillir des données physiologiques et à faire des tests cognitifs. Mais aussi à réaliser des échographies en autonomie et sans expertise médicale. D’autres expériences viseront à analyser les bio-contaminations à bord de la station. Une dernière, à visée éducative, consistera à faire germer des plantes en même temps que quelque 260.000 élèves français dans leurs salles de classe.
« Curieuse » de découvrir ce qui va lui manquer de la vie sur Terre pendant huit mois, Sophie Adenot a dit avoir « très envie de partager » sa vie à bord, comme l’astronaute français Thomas Pesquet, qui avait largement utilisé les réseaux sociaux en orbite. « J’espère être la plus généreuse possible, autant que le temps me le permettra, pour partager pas seulement les aspects technologiques, mais les aspects de vie quotidienne, du côté humain », a-t-elle expliqué.
« Je vois cette mission comme une étape qui reçoit l’héritage de toutes les missions spatiales passées » pour l’emmener « vers une exploration plus lointaine », a-t-elle poursuivi. A Houston (Etats-Unis) où elle s’entraîne, elle côtoie l’équipage américano-canadien d’Artemis 2, qui doit voyager autour de la Lune dans les prochains mois. « C’est assez magique de vivre ce moment historique de l’aventure spatiale », a-t-elle confié.
Retrouvez nos articles sur l'ISSElle va devenir la deuxième femme astronaute française de l’histoire, après Claudie Haigneré qui effectua son premier vol à bord de la station russo-soviétique Mir en 1996. « Claudie a été d’une grande, grande inspiration sur mon parcours », a reconnu Sophie Adenot. « Je pense que j’ai eu le déclic quand je l’ai vu décoller […]. Je me souviens très bien que c’est à ce moment-là que je me suis dit "un jour, ce sera moi" ».



















