Comme dans « Jurassic Park », Peter Jackson veut aider à ressusciter un oiseau disparu
génétique•Ressusciter une espèce disparue depuis des siècles n’est plus de la science-fiction : une start-up texane veut faire renaître le moa, un oiseau géant emblématique de la Nouvelle-Zélande, mais la communauté scientifique est divisée20 Minutes avec agence
À la manière de la saga Jurassic Park, la start-up texane de génie génétique Colossal Biosciences a annoncé vouloir redonner vie au moa, un oiseau géant aujourd’hui disparu, rapporte CNN. Endémique de l’île du Sud en Nouvelle-Zélande, cette espèce s’est éteinte il y a environ 600 ans, peu après l’arrivée des premiers colons polynésiens. Incapable de voler, l’oiseau, qui pouvait atteindre jusqu’à 3,6 mètres de haut, est devenu une proie facile pour les chasseurs.
Le projet, mené en partenariat avec le Centre de recherche Ngāi Tahu en Nouvelle-Zélande, vise à extraire et analyser l’ADN ancien de neuf espèces de moa pour reconstituer le génome de ce Dinornis robustus et comprendre en quoi il différait de ses parents. L’objectif : modifier génétiquement les plus proches espèces vivantes en y intégrant cet ADN ancien. Une prouesse que l’entreprise appelle la « dé-extinction ».
Un investissement important du cinéaste
Les investissements engagés sont conséquents. Depuis sa création en 2021 par Ben Lamm et le généticien George Church de l’université Harvard, Colossal Biosciences a levé au moins 435 millions de dollars. Elle peut en outre compter sur le soutien du cinéaste Peter Jackson, réalisateur du Seigneur des Anneaux notamment, qui détient l’une des plus vastes collections privées d’ossements de moa. Avec sa partenaire Fran Walsh, Jackson a investi 15 millions de dollars, selon l’agence Associated Press.
L’entreprise américaine n’en est pas à son coup d’essai. En avril dernier, elle annonçait la naissance de trois louveteaux issus d’une espèce disparue il y a environ 12.500 ans. D’autres projets sont en cours, visant à ressusciter le mammouth laineux, le dodo, ou encore le thylacine, plus connu sous le nom de tigre de Tasmanie.
Critiques de la communauté scientifique
Mais cette ambition suscite l’inquiétude d’une partie de la communauté scientifique. Pour Scott MacDougall-Shackleton, cofondateur et directeur du Centre de recherche aviaire de l’université Western à London, en Ontario, les priorités sont ailleurs. « Si la conservation des oiseaux insulaires nous préoccupe, sachez que des centaines d’espèces menacées ou en danger critique d’extinction en Nouvelle-Zélande, à Hawaï ou dans d’autres îles du Pacifique ont un besoin urgent de ressources », a-t-il déclaré à CNN.
Nombre de scientifiques s’accordent aussi à dire que, malgré les avancées en génie génétique réalisées par Colossal, ressusciter un animal disparu reste impossible. Au mieux, ces tentatives pourraient aboutir à des hybrides génétiquement modifiés, mais pas à une réplique exacte de l’espèce originelle.



















