« Incorrects, trop simplistes » : Un magazine scientifique confie ses articles à une IA et reçoit une volée de bois vert
LA MAIN DANS LE SAC•« Cosmos » a utilisé le GPT-4 d’Open AI pour écrire six articles qu’il a publiés au mois de juillet 2024O.M. avec AFP
Les métiers de plume ont encore de beaux jours devant eux : l’un des principaux magazines scientifiques australiens, Cosmos, a été critiqué jeudi 8 août 2024 après avoir publié des articles générés par l’intelligence artifiicelle (IA)… et jugés « incorrects ou trop simplistes » par des experts.
Publié par l’Agence scientifique nationale australienne, une organisation soutenue par l’Etat australien, le magazine a en effet utilisé le GPT-4 d’Open AI pour écrire six articles parus au mois de juillet dernier.
« De sérieuses inquiétudes »
Bien que l’utilisation de l’intelligence artificielle ait été révélée, l’Association des journalistes scientifiques d’Australie a déclaré que son utilisation « soulevait de sérieuses inquiétudes ».
Le président de l’association, Jackson Ryan, a déclaré à l’AFP que dans l’article de Cosmos généré par l’IA et intitulé « Qu’arrive-t-il à notre corps après la mort ? », les descriptions des processus scientifiques étaient « incorrectes » ou « considérablement simplifiées ».
Par exemple, l’IA a décrit des signes de rigidité cadavérique trois ou quatre heures après le décès… Or, selon M. Ryan, la recherche scientifique est beaucoup moins précise sur ce sujet.
Des inexactitudes qui « nuisent à la confiance »
Un autre exemple incluait la description de l’autolyse – un processus dans lequel les cellules sont détruites par leurs enzymes – que l’article décrit comme « autodestructeurs ». Là encore, il s’agit d’une « description inappropriée du processus » pour M. Ryan. De manière générale, ces inexactitudes vont nuire à la confiance et à la perception des gens dans la publication, estime-t-il.
Un porte-parole de l’Agence scientifique nationale a déclaré que le contenu de l’IA avait pourtant été vérifié par un « "outil scientifique qualifié" et édité par l’équipe de Cosmos » .
Le magazine a également suscité des critiques pour avoir utilisé des subventions destinées au secteur du journalisme afin de développer ses capacités d’intelligence artificielle, une initiative prise au détriment des journalistes.
Notre dossier « Intelligence artificielle »L’utilisation de l’IA devient un champ de bataille majeur pour les éditeurs et les musiciens. Le New York Times a ainsi récemment poursuivi OpenAI et Microsoft devant un tribunal américain, alléguant que les puissants modèles d’IA des entreprises utilisaient des millions d’articles à des fins de formation sans autorisation.


















