Le premier vol spatial habité de la capsule Starliner de Boeing de nouveau reporté
rebelote•Initialement prévu début mai, puis repoussé à vendredi à cause d’une valve défectueuse, le premier vol avec équipage du vaisseau est désormais fixé au 21 mai au plus tôt en raison d’une fuite d’héliumM.M. avec AFP
Le sort s’acharne. Le premier vol spatial avec équipage du vaisseau Starliner de Boeing, prévu vendredi, a de nouveau été repoussé. L’entreprise américaine a annoncé qu’elle visait désormais un décollage au plus tôt mardi prochain à 16h43 en Floride (22h43 en France).
Le lancement de cette mission vers la Station spatiale internationale (ISS), cruciale pour Boeing et attendue depuis des années, avait été annulé au dernier moment le 6 mai, alors que les deux astronautes de l’équipage, Butch Wilmore et Suni Williams, avaient déjà pris place à bord.
Plusieurs reports ce mois-ci
Une anomalie avait été identifiée sur une valve de la fusée Atlas V de la United Launch Alliance (ULA), qui a finalement dû être rentrée dans son hangar à Cap Canaveral, en Floride. Il avait alors été annoncé que le décollage pourrait être retenté vendredi, le 17 mai.
La valve défectueuse « a été remplacée avec succès », a déclaré mardi Boeing dans un communiqué, mais un nouveau problème est apparu : « une petite fuite d’hélium sur le module de service du vaisseau », a écrit l’entreprise, qui a dit vouloir effectuer « des tests supplémentaires ». L’entreprise a précisé être en train de travailler à résoudre le problème avec la Nasa.
Boeing indique aussi que ses équipes « ont réalisé un examen méticuleux des données de la tentative de lancement du 6 mai » et « qu’aucun autre problème n’a été détecté ».
Retards en série
Ce nouveau report intervient alors que le programme de développement du vaisseau a été marqué par une série de mauvaises surprises, entraînant plusieurs années de retard. En 2019, lors d’un premier test sans équipage, la capsule n’avait pas pu être placée sur la bonne trajectoire et était revenue sans atteindre l’ISS. En 2021, alors que la fusée se trouvait sur le pas de tir pour retenter le vol, un problème de valves bloquées, cette fois sur la capsule, avait encore entraîné un report.
Le vaisseau vide avait finalement réussi à atteindre l’ISS en mai 2022. Boeing avait ensuite espéré pouvoir réaliser son premier vol habité la même année, mais des problèmes découverts tardivement, notamment sur les parachutes freinant la capsule lors de son retour dans l’atmosphère, ont de nouveau engendré des retards. « Il est assez classique que le développement d’un véhicule spatial pour humains prenne dix ans », s’était défendu Mark Nappi, responsable chez Boeing.
Un vol crucial
L’entreprise américaine joue donc gros sur cette mission test, qui doit lui permettre de démontrer que son vaisseau est sûr avant de commencer les missions régulières vers l’ISS – avec quatre ans de retard sur SpaceX, qui sert déjà de taxi spatial à la Nasa.
Pour l’agence spatiale américaine, qui a commandé un vaisseau à Boeing il y a dix ans, l’enjeu est grand : avoir un deuxième véhicule, en plus de la Crew Dragon de SpaceX, pour transporter les astronautes américains, afin d’être mieux préparée en cas de problème sur l’une des capsules.



















