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Sur les acquisitions dans l’IA, Meta se fait calmer par la Chine

Sur les acquisitions dans l’IA, Meta se fait calmer par la Chine

Pékin 1 - Zuckerberg 0La start-up Manus va redevenir indépendante, près de quatre mois après l’interdiction par Pékin de son rachat par la maison mère de Facebook pour 2 milliards de dollars
Pourquoi les IA manquent-elles d'humour ?
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

En faisant plier la maison mère de Facebook, Instagram ou encore WhatsApp, la Chine montre qu’elle compte bien réguler les investissements dans l’IA. La start-up d’intelligence artificielle Manus a annoncé mardi qu’elle allait redevenir une entreprise indépendante, près de quatre mois après l’interdiction par Pékin de son rachat par l’américain Meta, concluant le démantèlement sans précédent d’une opération déjà bouclée.

Meta avait annoncé le 29 décembre le rachat, pour environ 2 milliards de dollars, de Manus – entreprise fondée en Chine et transférée à Singapour six mois plus tôt –, avec la promesse d’apporter cet outil d’IA « de premier plan à des milliards de personnes ». Mais fin avril, la Commission nationale du développement et de la réforme, principale instance de planification économique chinoise, avait interdit l’opération et exigé « que les parties concernées renoncent à la transaction d’acquisition », sans autre explication publique.

Manus présenté à sa création comme le nouveau DeepSeek

Manus est un agent IA : un logiciel capable d’exécuter seul une série de tâches complexes – réserver un voyage, trier des candidatures ou analyser un marché – à partir d’une simple consigne, au-delà de la simple conversation avec un robot. Lancé en mars 2025 par la société Butterfly Effect, créée à Pékin en 2022, Manus avait aussitôt été présenté en Chine comme le nouveau DeepSeek.

Le dossier est devenu un cas d’école. Pékin s’en prend au « Singapore-washing », qui consiste pour des entreprises chinoises à s’installer dans la cité-Etat pour lever des fonds à l’étranger, échapper à un cadre réglementaire contraignant ou séduire une clientèle mondiale sans image trop chinoise. « Pékin a jusqu’ici toléré cette pratique, mais le cas Manus marque un tournant majeur », avait déclaré à l’AFP en avril Wendy Chang, chercheuse au Mercator Institute for China Studies (Merics). Le signal s’adresse « à ses propres dirigeants de la tech, plus qu’à quiconque : les tentatives de contourner la réglementation nationale ne seront pas tolérées ».

Tencent tente de récupérer Manus

Le Financial Times a rapporté le 10 juillet que d’anciens investisseurs de Manus, dont le groupe chinois Tencent, négociaient son rachat à Meta pour la même valorisation de 2 milliards de dollars. Tencent doit y devenir le premier actionnaire, tout en restant minoritaire.

Pour Meta, la perte de Manus tombe mal : distancé dans la course aux modèles de pointe, le groupe américain a relancé lundi les modèles ouverts (open source), une approche dont il fut le champion avec ses modèles Llama avant d’y renoncer fin 2025 après des résultats décevants.

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Les utilisateurs de Manus vont, eux, payer les frais du désengagement de Meta. Les données produites par une partie d’entre eux depuis le rachat seront effacées les 23 et 24 août, a précisé l’entreprise, qui leur laisse jusqu’au 23 pour les sauvegarder.