Switch 2 : Les studios de jeux vidéo indépendants veulent surfer sur le succès de la console de Nintendo
PARTS DE GÂTEAU•Les créateurs « outsiders » peinent à prendre place dans le catalogue vidéoludique du géant japonaisO.M. avec AFP
Des gamers font la queue au stand Nintendo d’un salon dédié aux jeux vidéo, à Kyoto, mais pas de moustache ni de casquette rouge en vue : Mario a laissé sa place à des studios indépendants désireux de surfer sur le succès de la Switch 2, la console star du moment.
Les indés veulent leur part du gâteau
Au salon BitSummit du jeu vidéo indépendant, organisé mi-juillet 2025 dans le centre du Japon, on pouvait découvrir sur le stand Nintendo trois jeux, tous développés par des petits studios indépendants bien décidés à séduire les fans de la Switch 2.
Après un lancement en fanfare début juin, Nintendo a affirmé avoir vendu 3,5 millions d’unités de sa nouvelle console hybride à travers le monde en l’espace de quatre jours, un démarrage record dans l’histoire du secteur. Le géant japonais prévoit d’en écouler 15 millions d’ici mars 2026. Mais dans un univers largement dominé par les franchises maison de Nintendo, de Super Mario à Donkey Kong en passant par Animal Crossing, les outsiders peinent à se faire une place dans le catalogue des titres proposés aux joueurs.
L’arbitrage du prix
« La Switch 2 a assurément démarré en force, » a affirmé à l’AFP Krysta Yang du podcast spécialisé sur Nintendo Kit & Krysta. Mais « pour les créateurs de jeux tiers, le succès de la Switch 2 ne s’est pas nécessairement traduit par des ventes importantes ». Selon elle, de nombreux acheteurs de la console l’ont acquise pour ses exclusivités Nintendo, comme Mario Kart World, et le prix élevé de la Switch 2 et de ses jeux freine l’envie de multiplier les achats. D’autant plus que de nombreux jeux non estampillés Nintendo, comme Cyberpunk 2077, sont déjà disponibles sur d’autres plateformes, comme la console rivale PlayStation 5 de Sony.
Pour autant, « Nintendo a tout intérêt à entretenir de bonnes relations avec les développeurs tiers, car ils savent que pour faire durer le cycle de vie de console, ils auront besoin de leur soutien », a estimé Mme Yang. Tout en avertissant : « il y aura certainement des défis » à relever pour ces studios.
Vers une ouverture à la concurrence ?
Cela n’a pas découragé des dizaines de créateurs de faire le déplacement jusqu’à Kyoto, ex-capitale impériale et ville natale de Nintendo, pour présenter leurs projets – souvent encore en cours de développement – à l’occasion du salon BitSummit.
Des puzzles rétro aux épopées d’horreur immersives, les stands y ont dévoilé des nouveautés variées, et plusieurs développeurs ont affirmé être en discussion avec Nintendo pour sortir leurs jeux sur la nouvelle console.
Comme la Switch originale, la nouvelle version est une console hybride – utilisable aussi bien en déplacement que connectée à un téléviseur – mais disposant d’un écran plus grand, d’une mémoire huit fois supérieure et d’un micro intégré.
Et de nouvelles fonctionnalités permettent aux utilisateurs de discuter en ligne et de partager temporairement une partie avec des amis.
Une entreprise « dure en affaires »
Plus puissante que sa grande sœur, la Switch 2 « ouvre de nouvelles possibilités de création », résume Ryan Juckett, du studio américain Hypersect. Les jeux Nintendo « peuvent être chers, il y a donc de la place pour des jeux moins coûteux, plus accessibles à jouer de façon impromptue », souligne de son côté Kent Burgess, venu de Nouvelle-Zélande avec l’équipe du jeu Bashful Adoration.
Mais Serkan Toto, expert du cabinet tokyoïte Kantan Games, rappelle que Nintendo avait autrefois « une réputation quasi légendaire de dureté dans ses négociations » avec les développeurs tiers. « Mais cela a changé avec la Switch 1 et ça a ouvert la voie à davantage de jeux tiers, y compris des titres de studios indépendants », explique-t-il.
La question de l’IA
Et le paysage pourrait encore changer avec l’essor des nouvelles technologies… même si aucun des studios indépendants interrogés par l’AFP au BitSummit n’a déclaré massivement utiliser l’intelligence artificielle (IA), certains concédant toutefois que l’IA générative leur fait gagner du temps sur certaines tâches de codage.
Notre dossier « Nintendo Switch »Et pour l’instant, peu s’inquiètent d’une disparition des emplois dans l’industrie : « il n’existera jamais de jeu créé par une IA qui surpasse un jeu conçu à la main, rassure Lauren Kenner, principale responsable marketing de la franchise Noodle Cat Games. Il y aura toujours l’amour et l’âme que les développeurs y mettent ».



















