Moins d'algorithmes, plus d'humains: Comment Facebook veut doper votre fil d'actualité

WEB Le réseau social cherche à mieux doser les nouvelles de vos amis, les actualités qui peuvent vous intéresser et les liens purement récréatifs...

M.C.

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Mark Zuckerberg présente le nouveau newsfeed Facebook, le 7 mars 2013.
Mark Zuckerberg présente le nouveau newsfeed Facebook, le 7 mars 2013. — P.BERRY/20MINUTES

Tous les jours depuis août dernier, une trentaine de personnes se rend tous les matins dans un bureau pour consulter leur fil Facebook. Mais contrairement à des millions d’utilisateurs (1,3 milliard pour être précis), eux sont payés. Agés d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années, ces salariés temporaires de Facebook sont l’arme secrète du réseau social pour optimiser votre fil d’actualités.

Algorithmes faillibles

Le fil, ou «newsfeed» en anglais, présente à chacun un subtil dosage d’informations sur ses amis, d’articles de sites qu’il a «aimés», de liens sur lesquels on ne peut pas s’empêcher de cliquer et de publicité. Dosage subtil certes, mais faillible, car réalisé par un ordinateur. Des algorithmes étudient votre comportement et tentent de vous montrer ce que vous voulez voir, mais les têtes pensantes de Facebook estiment que cela ne suffit plus.

Le «journal parfait»

«L'objectif est de créer le parfait journal personnalisé pour 1,1 milliard de personnes», rêvait Mark Zuckerberg en 2013. «Cela implique, disait-il, toutes sortes de contenus et aussi de comprendre ce qui intéresse les gens, de qui et de quoi ils veulent lire des nouvelles.» Le but des développeurs n'a pas changé: c'est «arriver à un monde où les gens pensent que Facebook est une part essentielle, utile, importante de leurs vies, confirme Chris Cox, un responsable de la firme. C’est le Graal.»

C’est donc là-dessus que planchent les «informateurs» de Facebook. En plus des 30 personnes qui répondent à des questions dans un bureau du Tennessee, le réseau social a aussi engagé 600 Américains qui renseignent l’outil depuis chez eux quatre heures par jour, l’idée étant à terme de sonder l’ensemble des utilisateurs.

Les «légumes» et les «donuts»  

Le but de l’opération, selon Adam Mosseri, chef de produit fil d’actualités, est d’arriver à doser les trois composantes du fil d’actualités: «les nouvelles de vos amis et proches, pilier fondateur de Facebook, les informations qui peuvent vous intéresser (les «légumes») et des choses pour vous divertir, vous détendre, vous faire rire» (les «donuts», ou beignets, sucrés et crémeux, auxquels on ne peut pas résister). Facebook cherche aussi à réduire la quantité de «clickbait», ces images ou titres aguicheurs qui ne sont que des «appâts à clics».

Overdose de donuts

Le problème jusqu’à présent: les algorithmes ont tendance à vous montrer plus de donuts (et de clickbait), puisque ceux-ci recueillent le plus de clics. Mais les responsables de Facebook se demandent à présent si les utilisateurs ne voudraient pas manger plus de légumes. Les «cobayes» rémunérés par l’entreprise passent donc des heures à répondre à des questionnaires pour expliquer ce qu’ils ont aimé ou détesté dans tel ou tel élément de leur fil d’actualités, et permettre de comprendre les sentiments complexes qui se cachent derrière le «like» des internautes.

Le but étant d’orienter le fil des gens, «sans éditorialiser». «On peut penser que Ferguson est plus important que les défis du seau d’eau glacée, mais on ne veut pas forcer les gens à manger des légumes, même si on estime qu’ils sont meilleurs pour la santé.» L’étude est loin d’être terminée, mais selon les premiers résultats, les gens préféreraient bien les donuts.