ZEvent 2026 : « Joyeux, utile, fédérateur »… A la Fondation de France, on remercie dix ans de solidarité sur Internet
Caritatif•Après dix ans, le marathon caritatif ZEvent tire sa révérence, ce dimanche. Depuis 2022, les streameurs organisateurs sont aussi accompagnés par la Fondation de France, qui revient sur ces campagnes de mobilisationQuentin Meunier
L'essentiel
- Le ZEvent, marathon caritatif en ligne organisé par Zerator et Dach depuis 2016, clôt sa dernière édition ce dimanche.
- Depuis 2022, la Fondation de France accompagne l’événement en assurant « la présélection d’associations autour de thématiques », « le suivi des dons » et la sécurisation de la collecte.
- L’organisme se félicite de l’impact de cet événement, et de la mobilisation du public qui a prouvé l’efficacité de ce format de collecte de fonds.
Ce dimanche soir, quand les derniers streameurs éteindront leur caméra à Montpellier, ce ne sera pas seulement la fin d’un week-end de cinquante heures de direct. Ce sera la fin d’une décennie. Depuis 2016, le ZEvent a récolté plus de 58 millions d’euros cumulés au profit d’associations françaises. Mais derrière Zerator, Dach et les 300 créateurs attendus cette année, une autre équipe s’active dans l’ombre depuis 2022 : celle de la Fondation de France, chargée de collecter, sécuriser et redistribuer les dons. Pour cette dixième et ultime édition, son rôle prend une dimension particulière : celui de garantir que l’esprit de cette aventure survive.
Retour en 2021. Le ZEvent franchit pour la première fois la barre symbolique des 10 millions d’euros collectés en un week-end. Une somme vertigineuse, à la mesure du succès grandissant de l’événement. « Zerator et Dach, derrière l’événement, se sont dit qu’ils ne pouvaient plus choisir eux-mêmes les associations bénéficiaires, que c’était une trop grande responsabilité », résume Frédéric Théret, directeur des opérations à la Fondation de France. Jusque-là, les deux fondateurs sélectionnaient eux-mêmes les structures à soutenir. Une tâche qui, à l’échelle de plusieurs millions d’euros, commençait à dépasser les compétences de deux streamers, aussi bien intentionnés soient-ils.
Sécuriser la collecte de dons et le choix des bénéficiaires
C’est ainsi que naît, à partir de l’édition suivante, une collaboration. « Notre travail, depuis 2022, c’est d’aider à la présélection d’associations autour de thématiques, d’éclairer une cause choisie par les organisateurs, explique Frédéric Théret. Et aussi, d’assurer le suivi des dons. » Concrètement, la Fondation de France encaisse les dons via une plateforme sécurisée, délivre les reçus fiscaux, et s’assure que les structures bénéficiaires sont en mesure de gérer sérieusement les sommes reçues.
Pour cette édition anniversaire, le principe change une nouvelle fois. Plutôt que de sélectionner une poignée d’associations autour d’une thématique (la santé en 2025, l’environnement en 2022…) les organisateurs ont choisi de réunir les 22 structures soutenues depuis 2016, chacune recevant une part proportionnelle aux éditions passées. Une manière, selon Frédéric Théret, de boucler la boucle. « Un des buts de cette dixième édition, c’est de raconter ce que ces dons ont changé pour les associations bénéficiaires, confie-t-il. De donner des exemples de ce qui a été réalisé et de dire à quoi va servir ce dernier tour de piste. »
La force des petits dons
Les effets concrets, eux, se mesurent déjà sur le terrain. En 2022, le ZEvent avait par exemple permis de récolter plus de deux millions d’euros au profit de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), qui a pu financer 38 projets sur le territoire national et ultramarin, de la rénovation de centres de soins pour animaux sauvages à la sauvegarde d’espèces menacées. « Beaucoup d’associations moyennes avaient des projets, mais pas le premier euro pour les lancer, souligne Frédéric Théret. Grâce à ces sommes, elles peuvent récupérer 50 % de leur budget, et aller voir d’autres mécènes pour compléter. » Il assure que de nombreux appels aux bénévoles ont bénéficié d’un coup de projecteur après l’événement.
Il y voit aussi un démenti à un cliché tenace sur les jeunes générations. « J’avais déjà une certitude que les plus jeunes étaient tout aussi engagés. […] Le ZEvent permet aussi de montrer la force des petits dons. La masse de mobilisation permet des choses, et je pense que c’est une leçon positive de la part de la jeunesse », observe-t-il, citant les échanges nourris dans les chats sur les causes défendues, bien au-delà du simple divertissement. Pour lui, le format de la vidéo en direct « est assez formidable pour mobiliser et fédérer les gens ».
Et après ?
Reste une question qui obsède tout le monde depuis l’annonce de l’arrêt : qui, demain, organisera le prochain grand marathon caritatif francophone ? « Ce qui est formidable, c’est quand ce sont des gens qui savent faire. Nous, on reste disponibles pour accompagner ça », répond Frédéric Théret, qui insiste sur la portée de l’événement : « Le ZEvent a été le premier gros marathon digital. Il est joyeux, utile, fédérateur. » Ces dernières années, d’autres événements caritatifs francophones, comme Speedons, ont déjà commencé à prendre le relais sur Twitch.
Alors, quels conseils la Fondation de France adresserait-elle à ceux qui veulent reprendre le flambeau ? « Soyez sincères, faites-vous plaisir. Mais ça, les streameurs le savent déjà mieux que moi. Soyez collectifs, c’est important d’être entouré. Et enfin, prenez en compte que c’est une organisation colossale. »



















