Deezer continue la chasse aux musiques générées par IA en démonétisant l’essentiel des écoutes
Bonne note•Face à l’explosion des musiques générées par intelligence artificielle, Deezer durcit sa politique. La plateforme française va vendre sa technologie de détection à d’autres acteursQ.M.
L'essentiel
- Les contenus générés par IA représentaient environ 39 % de la musique diffusée quotidiennement sur Deezer en janvier 2026.
- La génération de faux streams pour obtenir frauduleusement des royalties reste la principale raison de mise en ligne de musique générée par IA, avec jusqu’à 85 % de ces streams frauduleux en 2025. Deezer lutte contre la fraude par le biais de labellisation, d’exclusion des recommandations et, désormais, de la vente de sa technologie de détection à d’autres acteurs.
- Selon une étude de PMP pour la Cisac, un quart des revenus de l’industrie musicale seraient menacés par l’intelligence artificielle en 2028.
Interdit aux robots mélomanes. La plateforme d’écoute de musique Deezer communique régulièrement sur sa politique vis-à-vis des contenus générés par IA, de plus en plus nombreux sur sa plateforme. Encore en janvier 2026, 60.000 titres générés par l’intelligence artificielle ont été diffusés chaque jour, soit environ 39 % de toute la musique diffusée quotidiennement.
« La musique générée entièrement par l’IA est devenue presque impossible à distinguer de la création humaine, et avec un flux continu de téléchargements sur les plateformes de streaming », déclare Alexis Lanternier, PDG de Deezer, dans un communiqué de l’entreprise. Et d’insister : « Notre approche reste très claire : transparence pour les fans et protection des droits des artistes et des auteurs-compositeurs. » Concrètement, Deezer refuse la monétisation des contenus frauduleux et renforce ses outils de détection.
Les revenus des artistes menacés
Selon le communiqué de l’entreprise, la génération de faux streams reste la principale raison pour laquelle de la musique générée par l’IA est mise en ligne. Avec de fausses écoutes sur de faux morceaux, des arnaqueurs espèrent ainsi gratter des royalties redistribuées par Deezer. Et jusqu’à 85 % de ces streams sur des musiques créées par intelligence artificielle étaient frauduleux en 2025. À titre de comparaison, la fraude sur l’ensemble du catalogue de la plateforme ne représentait, selon Deezer, que 8 % de l’ensemble des streams en 2025.
La plateforme française, qui labellise déjà les musiques artificielles, veut continuer sur sa lancée. « Chaque stream frauduleux que nous détectons est démonétisé afin que les redevances des artistes, auteurs-compositeurs et autres titulaires de droits humains ne soient pas affectées », rapporte Alexis Lanternier. Cela passe par l’exclusion de ce type de musique des recommandations, mais aussi par la vente de sa technologie de détection, sans préciser quels sont ses premiers clients.
A voir toutefois si cela sera adopté et suffira à inverser la tendance : selon une étude de PMP pour la Cisac, la société internationale des auteurs-compositeurs, un quart des revenus de l’industrie musicale serait menacé par l’intelligence artificielle en 2028.


















