Qui se cache derrière Duolingo, l’application d’apprentissage des langues qui affole tous les compteurs ?
REPEAT AFTER ME•Lancée en 2011 aux Etats-Unis par Luis von Ahn et Severin Hacker, Duolingo est aujourd’hui l’application d’apprentissage des langues la plus téléchargée au monde avec près de 100 millions d’utilisateurs mensuelsJérôme Gicquel
L'essentiel
- Lancée en 2011 aux Etats-Unis, Duolingo est cotée en Bourse depuis 2021, la société vise le milliard de dollars de chiffre d’affaires cette année.
- L’appli enseigne déjà une quarantaine de langues. Les plus courantes bien sûr comme l’anglais, l’espagnol ou l’italien mais aussi des langues menacées comme le navajo ou le xhosa.
- On doit cette pépite à Luis von Ahn, un informaticien originaire du Guatemala, qui a développé Duolingo avec Severin Hacker sur les bancs de l’université Carnegie-Mellon de Pittsburgh.
Parlez-vous le Duolingo ? Si vous n’avez jamais entendu parler de Duo la chouette verte, sachez que cette application d’apprentissage des langues est aujourd’hui la plus téléchargée au monde, très loin devant la concurrence. Lancée en 2011, Duolingo a en effet séduit un large public, notamment les jeunes, grâce à son modèle basé sur la gamification avec des jeux, des quiz et des récompenses offertes aux utilisateurs qui apprennent tout en augmentant de niveau.
L’appli revendique aujourd’hui plus de 40 millions d’utilisateurs quotidiens et 97,6 millions d’utilisateurs mensuels, en hausse de 35 % sur un an. Un succès qui rapporte gros à ses dirigeants qui visent le milliard de dollars de chiffre d’affaires cette année, contre 531 millions de dollars en 2023. A la Bourse, où Duolingo a fait son entrée à l’été 2021, le titre cartonne également avec une progression de plus de 150 % sur un an.
Apprendre des langues menacées ou imaginaires
L’appétit venant en mangeant, l’application ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle enseigne déjà une quarantaine de langues. Les plus courantes bien sûr comme l’anglais, l’espagnol ou l’italien mais aussi des langues menacées comme le navajo ou le xhosa. Les internautes peuvent même l’utiliser pour apprendre des langues imaginaires comme le klingon que l’on entend dans la saga Star Trek ou le haut valyrien parlé par Daenerys Targaryen dans Game of Thrones.
Fin avril, la société qui veut rendre la planète polyglotte a annoncé dans un communiqué le lancement de 148 nouveaux cours de langue, doublant ainsi son offre actuelle grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle. « Le développement de nos 100 premiers cours a pris environ douze ans, et aujourd’hui, en un an environ, nous sommes en mesure de créer et de lancer près de 150 nouveaux cours », a déclaré Luis von Ahn, PDG et cofondateur de Duolingo, qui entend « répondre à la demande croissante d’apprentissage de langues asiatiques populaires, comme le japonais, le coréen et le mandarin. »
« Donner les mêmes chances à tout le monde »
C’est à cet informaticien qui a grandi au Guatemala que l’on doit cette nouvelle pépite boursière. Alors qu’il était professeur assistant à l’université Carnegie-Mellon de Pittsburgh (États-Unis), Luis von Ahn a eu l’idée en 2009 avec son étudiant doctorant d’origine suisse Severin Hacker de développer une méthode d’apprentissage des langues basée sur l’analyse des données. Deux ans plus tard, Duolingo voyait officiellement le jour.
« Dans un pays d’Amérique latine, et au Guatemala en particulier, si vous avez de l’argent, vous pouvez acheter une très bonne éducation, mais si vous n’avez pas d’argent, parfois vous n’apprenez même pas à lire et à écrire », confiait-il dans une interview accordée en octobre à la BBC. Il se targue depuis de fournir une éducation linguistique gratuite à qui le souhaite dans le monde, même si une version payante est également proposée. « Je voulais faire quelque chose qui donnerait les mêmes chances à tout le monde », indiquait-il à nos confrères de Konbini.
Au début des années 2000, ce petit génie de l’informatique avait déjà fait parler de lui en inventant le système de Captcha, pour prouver que l’utilisateur derrière son ordinateur est bien un humain et non pas un robot, avant de revendre sa trouvaille à Google. Avec Severin Hacker, Luis von Ahn est aujourd’hui à la tête d’une société valorisée à plus de 20 milliards de dollars à la Bourse.



















