4G: Premiers tests communs pour Orange, SFR et Bouygues dès la rentrée

HIGH TECH Les trois opérateurs vont lancer à Saint-Etienne une première expérimentation commune de déploiement de la téléphonie mobile 4G afin de tester un éventuel brouillage de la TNT...

A.G.

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Un utilisateur surfe sur son smartphone.
Un utilisateur surfe sur son smartphone. — VALINCO/SIPA

Pour la toute première fois, Orange, SFR et Bouygues Telecom vont déployer le très haut débit mobile au même moment et au même endroit: Saint-Etienne. «Le chantier était bloqué depuis six mois, il n'y avait pas d'accord sur les expérimentations. Lors des discussions à Bercy avec les opérateurs la semaine dernière, ce blocage a été levé et les opérateurs sont d'accord pour lancer une expérimentation commune à Saint-Etienne», a annoncé lundi Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée de l’Economie numérique.

L’objectif de cette expérimentation? Voir dans quelle mesure certains lots de fréquences de la bande de 800 MHz, utilisés pour la 4G, interfèrent avec ceux de la télévision numérique terrestre (TNT) et provoquent des brouillages pour les téléspectateurs. Un problème soulevé l’an dernier par l’Agence nationale des fréquences (ANFR) après des expérimentations (de moindre ampleur) dans la ville de Laval. Très gênant pour les foyers.

En cas de brouillage, les opérateurs vont trinquer

S’il existe une solution à ce problème, l’ajout d’un filtre en amont de l’amplificateur de la TNT, celle-ci implique un coût supplémentaire et s’avère compliquée à mettre en œuvre pour un particulier. La pose de ce filtre «nécessite d’accéder à l’antenne. Cette opération est potentiellement longue et laborieuse: elle doit être effectuée par un antenniste professionnel», note le rapport final de l'expérimentation qui a eu lieu à Laval entre septembre et novembre 2011. C’est une des raisons pour lesquelles un test grandeur nature pour le très haut débit en ville commun aux trois opérateurs est nécessaire.

Sans oublier le fait qu’ils devront intervenir en cas de brouillage avéré. En septembre, le gouvernement avait annoncé: «En cas de brouillage, les opérateurs prennent les mesures nécessaires permettant de rétablir la réception des services de télévision par tout moyen approprié.» L’Etat «proposait» de «faire supporter aux opérateurs une partie du coût engagé par l’ANFR» lors du traitement des réclamations déposées par les foyers gênés par les brouillages.  

Bouygues Telecom, le plus exposé aux interférences

L’opérateur le plus exposé à ces risques de brouillages est Bouygues Telecom. C’est lui qui avait mis le moins d'argent sur la table lors de la mise en vente des fréquences par l’Etat. Ainsi, Bouygues Telecom a hérité du lot de fréquences «le plus bas», soit le plus rapproché de la zone potentiellement à risque en termes d'interférence.

Même si le test simultané à Saint-Etienne est une première, les trois opérateurs ont déjà lancé des expérimentations grandeur nature chacun de leur côté depuis l’an dernier. SFR mène depuis septembre 2011 un projet pilote à Marseille et compte déployer la 4G dans plusieurs autres villes cette année. Pendant ce temps, Bouygues Telecom a choisi Lyon pour lancer son réseau 4G. Et Orange a lancé en juin à Marseille ses premiers tests grandeur nature en 4G, auxquels 2.000 personnes participent. L’opérateur compte étendre ces expérimentations à Lyon et Nantes à la fin de l'année, puis à douze autres villes d'ici l'été 2013, indique l’AFP. Le groupe ambitionne de couvrir 50% de la population française en 4G à la mi-2014.