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Test drive: Les voitures vertes en ont sous le capot

Test drive: Les voitures vertes en ont sous le capot

AUTOMOBILEMais elles sont encore chères, et «faire le plein» reste souvent compliqué...
Philippe Berry

Philippe Berry

De notre correspondant à Los Angeles

Le salon de l'auto de Los Angeles est pris d'assaut par les véhicules «verts», avec près de 80 modèles présentés cette année. Hybride, hybride rechargeable, 100% électrique, hydrogène... Les technologies sont multiples. Jeudi, 20 Minutes s'est mis derrière le volant de cinq modèles. En voiture!

Chevy Volt (hybride rechargeable): Le meilleur des deux mondes

La technique: La voiture de Chevrolet fonctionne à l'électricité... Jusqu'à ce que la batterie soit déchargée (environ 60 km d’autonomie). Elle passe alors en mode hybride. Attention, c'est un peu complexe: le carburant n'alimente pas un second moteur à combustion comme sur la Prius originelle; ici, l'essence est utilisée pour générer de l'électricité. Quel que soit le mode, la voiture a également recours au freinage régénératif (l'énergie cinétique est transformée en électricité au lieu d'être dissipée en chaleur). Une charge complète sur prise traditionnelle prend une douzaine d'heures (110V aux Etats-Unis). Le temps peut être divisé par deux sur des stations 240V installées à son domicile (1.100 euros).

La conduite: Ce qui frappe d'emblée, c'est le bruit. Ou plutôt son absence. A-t-elle vraiment démarré? Dans le doute, on appuie tout doucement sur la pédale. La Volt s'élance dans un silence rapidement égayé par le ronron discret des pneus sur l'asphalte. «Pour l'instant, on n'est que sur la batterie», explique le moniteur d'autoécole. 6, 5, 4... Le feu va bientôt passer à l'orange. Il suffit d'à peine effleurer l'accélérateur et la Volt réagit au quart de tour. Le freinage, en revanche, surprend par sa brutalité. Un léger temps d'adaptation s'impose pour éviter de se faire emboutir par un Hummer.

Le verdict: Séduit. Mais la Volt reste chère: presque 40.000 dollars (29.000 euros), moins un abattement américain «vert» de 7.500 dollars (5.500 euros). L'animateur Jay Leno, qui utilise la voiture pour ses trajets quotidiens en ville, affirme avoir fait 15.000 km en un an sans faire une fois le plein. Avec une facture d'électricité environ cinq fois inférieure au coût de l'essence en Californie, cela représente une économie d'environ 800 euros à l'année. Au final, il faut quand même près de dix ans pour absorber le surcoût.

Nissan Leaf (100% électrique): Pour les trajets citadins uniquement

La technique: La Leaf, vendue en France depuis cet été, est 100% électrique. Quand la batterie est à plat, il vaut mieux espérer se trouver à proximité d'une prise. La charge complète sur du courant traditionnel prend 15 heures (ou moitié moins avec une box à 800 euros), pour 175 km d'autonomie... A condition de n'utiliser ni chauffage, phares ou GPS. Dans la pratique, on se situe davantage vers 100 km.

La conduite: Moins spacieuse que la Volt, la Leaf se démarre également sans clé, en appuyant simplement sur le bouton «on». Elle offre des sensations proches de sa concurrente américaine. Sous le soleil de Los Angeles, ça commence à cogner. Heureusement, un panneau solaire sur l'aileron charge une batterie de 12 volts qui aide à alimenter les équipements comme la climatisation. Pratique en Californie, moins à Paris ou à Londres.

Le verdict: La Leaf, comme toutes les voitures 100% électriques, peut servir en véhicule secondaire, ou en principal si on ne fait que de la ville. Mais sauver les ours polaires a un prix: à 31.000 euros (déduction française comprise), elle reste un luxe.

Honda Civic 2012 (gaz naturel): Elue voiture verte du salon

La technique: Cette 5e génération de Civic au gaz naturel arrive à maturité. Elle carbure au même gaz que celui de votre cuisinière. Plus propre que le gasoil ou l'essence à la combustion, son extraction peut cependant être controversée, notamment pour le gaz de schiste. Aux Etats-Unis (premier producteur mondial), il est cependant vu comme une alternative 30% moins chère à la pompe, qui œuvre pour l'indépendance énergétique.

La conduite: Similaire à un véhicule traditionnel. Le tour du Staples Center s'effectue en versant une larme sur la saison de NBA qui va sans doute être blanche. Où se trouve la station de remplissage la plus proche? Réponse du GPS: 9 km. Aïe.

Le verdict: Du potentiel... Aux Etats-Unis. En France, les stations restent rares –à moins se s'en faire installer une à domicile– et les réserves du pays en gaz naturel n'ont rien de comparables à celles outre-Atlantique.

Mercedes Class B F-cell (pile à combustible à hydrogène): Retour vers le futur

La technique: La pile à combustible est un vieux principe. Via une réaction chimique entre un alliage métallique, de l'hydrogène et de l'oxygène, on crée de l'électricité; qui alimente ici un moteur électrique (contrairement à un prototype de BMW qui brûle directement l’hydrogène dans un moteur à combustion).

La conduite: Le plus surprenant est... qu'il n'y a rien de surprenant. On oublie presque qu'on se trouve assis sur des réservoirs d'hydrogène gazeux compressé. Les 130 chevaux du moteur ne sont pas de trop pour lancer les deux tonnes de la voiture sur Venice boulevard. Pour aller faire le plein, c'est encore plus compliqué qu'avec le gaz naturel: le comté de Los Angeles ne compte que cinq stations. Heureusement que l'autonomie est annoncée à 350 km.

Le verdict: L'une des technologies du futur. Mercedes n'offre d'ailleurs la voiture qu'à la location, à 650 euros par mois. Les premiers véhicules à la vente n'arriveront pas avant 2015.

Infiniti M35 Hybrid (hybride traditionnel): Un tigre dans le moteur

La technique: On ne branche pas sa voiture pour la recharger. Elle comprend deux moteurs: un petit électrique, et un gros à essence, pour une puissance cumulée de 369 chevaux. Le freinage génère l'électricité d'appoint, pour une consommation annoncée à 7L/100 sur autoroute.

La conduite: Le luxe à la japonaise (Infiniti est le haut de gamme de Nissan) n'a rien à envier à celui des allemandes. On a l'impression de s'asseoir dans le fauteuil en cuir d'un PDG du CAC 40. La sortie du garage s'effectue en silence. Le calme, à 45 km/heure, est trompeur. A 50 mètres devant, un camion de livraison bloque la voie. Dans la file de droite, un conducteur en Mustang. «Go for it», lâche le représentant d'Infiniti. Pédale au plancher, le moteur rugit et vous colle au siège. De quoi se rabattre tranquillement.

Le verdict: Bluffé. Cette Infiniti hybride offre la consommation d'une berline essence classique. Avec plus de 300 chevaux sous le capot. Il faut toutefois casser sa tirelire: elle démarre à 57.500 dollars (43.000 euros).