Zynga, l'éditeur de Farmville, vaut-il davantage qu'Electronic Arts?

JEU VIDEO La valorisation de Zynga est estimée à plus de cinq milliards de dollars...

Philippe Berry

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Farmville, de l'éditeur Zynga
Farmville, de l'éditeur Zynga — DR

De notre correspondant à Los Angeles

Le chiffre fait jaser dans la Silicon Valley, suite à un article de Business Week: Zynga, la société éditrice de nombreux jeux sociaux comme Farmville, est évaluée à 5,5 milliards de dollars par SharePost Inc, un marché secondaire sur lequel s'échangent les titres des sociétés privées. En face, la capitalisation d'Electronic Arts, entreprise cotée au Nasdaq, s'élève à 5,2 milliards. Le raisonnement est simple: 5,5 > 5,2. Zynga a donc plus de valeur qu'EA. CQFD. Sauf que les maths sont plus compliquées que ça.

Estimer la valeur d'une société encore non cotée en Bourse est un exercice des plus aléatoires. SharePost se base sur «le prix des récentes transactions (notamment des employés qui peuvent vendre des titres, ndr), les derniers tours de levées de capitaux et des analyses de marché». Sauf que parfois, des investisseurs, notamment de Russie comme Mail.Ru Group, sont prêts à payer le prix fort pour acquérir quelques pour-cents d'entreprises prometteuses avant leur entrée en Bourse, gonflant au passage leur valeur. Le groupe russe possède notamment 2,4% de Facebook, 5,1% de Groupon et 1,5% de Zynga.

200 millions de joueurs actifs mensuels

Même en oubliant le chiffre de 5 milliards de dollars, la croissance de Zynga impressionne. Quatre ans après ses débuts, l'entreprise compte désormais plus de 200 millions de joueurs actifs mensuels. Farmville, sa principal vache à lait, ou encore Mafia Wars et de multiples jeux de poker, ont permis à l'entreprise de faire exploser le marché des bien virtuels (achetés avec de la monnaie bien réelle). Selon une estimation d'Inside Network, Zynga à lui seul devrait s'adjuger cette année un tiers d'un marché évalué à 1.5 milliards de dollars rien qu'aux Etats-Unis.

Malgré tout, la société est entourée d'une réputation sulfureuse, notamment pour des pratiques discutables assimilées au spam. Avant une éventuelle entrée en Bourse, qui obligerait l'entreprise à faire preuve de plus de transparence, Zynga aura sans doute intérêt à nettoyer ses écuries.

Electronic Arts

Un temps premier éditeur indépendant du jeu vidéo, EA traverse une passe difficile. Il s'est fait doubler par Activision-Blizzard (capitalisation de 14 milliards de dollars). Sur la précédente année fiscale, l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 3,6 milliards de dollars mais a accusé une perte de 677 millions de dollars.