Christophe Séfrin
L'essentiel
- Le spécialiste de la sécurité informatique Avast annonce le lancement en France d’un VPN accessible à tous, gratuitement et sans condition.
- Un VPN (pour Virtual Private Network) permet notamment de naviguer sur Internet en toute discrétion, de protéger une connexion sur un réseau public ou encore d’accéder à un site ou à un contenu restreint géographiquement.
- Bridée par certains de ses aspects, la proposition d’Avast reste cependant intéressante dans le cadre de besoins et d’usages ponctuels.
Encore un VPN gratuit ? Après Proton ou Free, c’est Avast qui propose le sien. La marque du groupe GEN (maison mère de Norton) vient de l’annoncer. Différence avec les dizaines d’offres disponibles sur le marché : celle du fournisseur de solutions de sécurité numérique est promise « sans piège ni frais cachés ». Cela vaut-il la peine ? Quelles en sont ses limites ? Mais surtout, à quoi un VPN gratuit va-t-il bien pouvoir vous servir ? 20 Minutes vous donne quelques clés avant de vous connecter.
Un VPN ? Les plus jeunes connaissent dans leur grande majorité (les 16-24 ans représenteraient environ 39 % des utilisateurs); leurs aînés peut-être un peu moins. Un VNP (pour Virtual Private Network) est un réseau privé virtuel. Sa vocation : protéger sa connexion Internet, préserver une partie de sa confidentialité et, éventuellement contourner certaines restrictions géographiques. Il en existe de très nombreux, gratuits ou payants, ces derniers étant généralement facturés autour d’une dizaine d’euros par mois.
L’annonce par Avast du lancement en France de son VPN gratuit n’est pas en soit une révolution. Il en existe déjà. Émanant d’un éditeur réputé comme fiable, la promesse que ce VPN soit « sans partage de données, sans frais cachés, ni conditions dissimulées dans les petites lignes » semble cependant aller à rebours de ce que proposent nombre de ses concurrents. Certaines de leurs offres de VPN gratuits supposent des fonctionnalités bridées, de la publicité, voire des connexions parfois lentes ou saturées. Si l’idée d’Avast est sans aucun doute d’attirer le regard sur son portefeuille de propositions (comme ses antivirus), cela vaut-il la peine de cliquer sur le nouvel icône Avast VPN qui apparaîtra sur votre écran après le téléchargement de son application sur iOS ou Android ?
Des connexions en toute discrétion
D’abord, il faut garder à l’esprit qu’un VPN peut servir sert à sécuriser une connexion Wi-Fi publique. Plutôt que de se connecter sans filet de sécurité au premier réseau gratuit venu (dans une gare, un aéroport, un café ou un hôtel), passer par son VPN permet de chiffrer le trafic entre son smartphone ou ordinateur et le serveur VPN. Ici, Avast utilise le protocole de chiffrement WireGuard qui a plutôt bonne réputation. Atout : limiter les risques d’interception du même réseau par des utilisateurs malveillants (ou l’opérateur du réseau) qui pourraient accéder à votre appareil, collecter des données à des fins publicitaires… ou vous inviter à télécharger une fausse mise à jour piégée, par exemple.
Autre avantage d’un VPN : changer ponctuellement et virtuellement de pays. Cela permet d’accéder à un site ou à un contenu restreint géographiquement, comme pour acheter un produit auprès d’un web marchand non disponible localement ; pour accéder à certains catalogues de streaming ; ou encore pour comparer des prix. Par ailleurs, un VPN permet de masquer votre adresse IP aux sites que vous visitez. Dès lors, ces derniers n’accèdent plus à votre localisation approximative ; au nom de votre fournisseur d’accès ; ou à votre identifiant. À l’arrivée, disposer d’un VPN est loin d’être dénué d’intérêt.
Notre rubrique «High-Tech»Trois pays « virtuels » au choix
La nouvelle offre de VPN gratuit d’Avast est, sur le papier, assez engageante. Dans les faits (nous l’avons testée), elle se révèle extrêmement simple d’accès, sans avoir d’autre information à donner que son adresse mail (pas de CB à enregistrer) ; sans être bridée par un volume de données (on peut steamer sans contrainte de temps) ; sans recevoir des publicités. Il suffit de lancer l’application Avast VPN, d’appuyer sur Connexion, de choisir son pays « virtuel », puis de surfer.
Bémol cependant : il n’est possible de choisir que trois pays « virtuels » (ou régions, comme aux États-Unis) depuis lesquels on pourra se connecter parmi les 140 proposés. Et bien évidemment, une fois sa sélection géographique effectuée, impossible de la modifier… Par ailleurs, le VPN gratuit d’Avast ne peut être utilisé depuis une smart TV. Enfin, ce VPN ne propose pas de fonction « Double VPN et rotation d’adresse IP ».
Décryptage : le « double VPN » permet de disposer d’un trafic passant par deux pays différents, ce qui permet de minimiser le risque de recoupement d’informations par un observateur (au prix d’une connexion Internet certes plus lente). Quant à la « rotation d’IP », cette fonction crée une adresse IP qui change à intervalles réguliers, empêchant ainsi un site de vous suivre en brouillant le profilage. Deux fonctions qui sont loin d’être indispensables à la plupart des Internautes. La version payante Premium VPN d’Avast comble évidemment ces lacunes (140 localisations; double VPN et rotation d’IP; serveurs plus rapides, prise en charge des smart TV). Mais au prix fort: 39,90 euros la première année (puis 99,99 euros/an).