20 Minutes avec AFP
Pouvoir communiquer même sans réseau semble être devenu une priorité pour certains manifestants, notamment en vue de la mobilisation de ce samedi 31 octobre. La messagerie Bitchat, qui permet de communiquer sans Internet ni réseau, suscite l’intérêt depuis quelques semaines en France.
Elle était, ce vendredi, la plus téléchargée de la catégorie « réseaux sociaux » dans l’AppStore français, et la 22e toutes applications gratuites confondues. « Bitchat est actuellement numéro 1 sur l’App Store français », avait déjà indiqué la messagerie la semaine passée sur son compte officiel sur X, à la veille de la manifestation du 24 octobre.
Lancée à l’été 2025 par l’Américain Jack Dorsey, fondateur de Twitter, Bitchat se définit comme « une application de messagerie décentralisée en pair à pair qui fonctionne sur des réseaux maillés Bluetooth ».
Une technologie qui s’appuie sur le Bluetooth
Pour fonctionner, elle ne nécessite aucune connexion Internet, ni réseau mobile, des services susceptibles d’être perturbés lors de manifestations. En passant par la technologie Bluetooth, qui utilise des ondes à courte portée pour communiquer entre des appareils, Bitchat permet aux utilisateurs proches géographiquement de communiquer entre eux.
Les téléphones des utilisateurs servent aussi de relais pour transmettre les messages d’un appareil à l’autre « afin d’étendre la portée du réseau ». L’application permet ainsi à la fois d’intégrer des groupes selon l’emplacement géographique, et d’envoyer des messages privés aux autres utilisateurs.
Quand un utilisateur dispose d’une connexion Internet, Bitchat utilise alors Nostr, un protocole réseau décentralisé qui permet de joindre davantage d’utilisateurs. Comme d’autres messageries ou protocoles alternatifs, Bitchat a fait de la protection des données personnelles un de ses principaux arguments, et se présente comme « résistante à la surveillance ».
Deux gouvernements ont ordonné son retrait
La messagerie assure protéger ses utilisateurs contre les interceptions des communications. L’absence de serveurs centraux qui transmettraient les communications limite les possibilités de surveillance, et Bitchat chiffre automatiquement les communications, ce qui doit empêcher leur lecture même en cas d’interception.
Par ailleurs, l’application ne nécessite pas de renseigner d’information personnelle ou de numéro de téléphone, et dispose d’un bouton d’alerte permettant de supprimer toutes les données.
D’après Bitchat, au moins deux gouvernements ont ordonné son retrait des magasins d’applications. « Le gouvernement indien a officiellement retiré Bitchat de l’App Store », avait indiqué la messagerie sur X début octobre, ajoutant le lendemain que le gouvernement avait également émis une ordonnance de blocage à destination du Play Store pour les appareils Android. En avril, le fondateur de l’application Jack Dorsey avait écrit sur X que « Bitchat avait été retirée de l’App Store chinois ».