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Faut-il répondre aux appels d’un numéro que vous ne connaissez pas ?

Démarchage téléphonique : Faut-il répondre à ces appels d’un numéro que vous ne connaissez pas ?

Mme Sarah crocheAlors que les Français reçoivent de nombreux appels de démarchage téléphonique chaque semaine, les experts conseillent de ne pas décrocher et de laisser sonner dans le vide
Panneaux solaires : attention aux arnaques !
Manon Minaca

Manon Minaca

L'essentiel

  • La majorité des Français sont victimes de démarchage téléphonique : selon l’Arcep en 2025, 57 % des consommateurs reçoivent presque un appel indésirable par jour.
  • Face à ces sollicitations, il est conseillé de laisser sonner dans le vide plutôt que de décrocher ou de rejeter l’appel, pour que le numéro soit repéré comme n’étant pas actif.
  • A partir du 11 août, les consommateurs seront présumés comme non consentants au démarchage, ce qui signifie que les appels légaux deviendront quasiment inexistants, permettant de mieux identifier les appels frauduleux.

«Suspicion de spam », « numéro signalé comme démarcheur téléphonique »… Des millions de Français reçoivent chaque semaine, voire chaque jour, un ou plusieurs appels de démarchage téléphonique. Selon des mesures de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) en 2025, 94 % des consommateurs ont reçu au moins un appel ou un SMS indésirable au cours des trois derniers mois et 57 % reçoivent presque un appel indésirable par jour.

Qu’elles soient légales ou frauduleuses, ces sollicitations régulières sont souvent qualifiées de « harcèlement », auquel on ne sait pas toujours comment réagir. Y a-t-il une marche à suivre pour ces appels ? On a mené l’enquête.

Il faut d’abord faire la distinction entre le démarchage légal, qui provient d’entreprises déclarées tenues de respecter la réglementation et d’utiliser seulement des numéros bien spécifiques, et les appels frauduleux, qui ne respectent pas ces règles ou proviennent d’arnaqueurs, nous indique l’Arcep. Mais les distinguer n’est pas si simple : « Certaines techniques illégales [comme l’usurpation de numéros] peuvent être utilisées par des escrocs comme par des démarcheurs peu scrupuleux », précise l’administration.

Ne pas décrocher, mais ne pas raccrocher non plus

Si certains opérateurs, modèles de téléphones ou applications permettent de mieux identifier voire de filtrer ces appels, la marche à suivre reste la même : « Il ne faut surtout pas décrocher », conseille Benjamin Recher, chargé des relations institutionnelles chez Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que Choisir). Il vaut mieux ne pas renvoyer l’appel vers la messagerie mais plutôt le « laisser sonner dans le vide », pour que votre numéro soit « repéré comme n’étant pas actif », précise-t-il. « Si vous rejetez l’appel, ça veut dire qu’il y a quelqu’un au bout du fil, l’intelligence artificielle intégrée peut en déduire que la ligne est bien existante » et vous risquez d’être rappelé.

Si vous décidez tout de même de décrocher, en cas de doute sur le numéro par exemple, vous pouvez répondre d'« un simple "allô", ça ne permet pas de copier votre voix par IA », rassure Benjamin Recher. Les intelligences artificielles « ont besoin d’une certaine quantité de données pour parvenir à cette reproduction », complète l’Arcep, qui précise que ces éléments « sont disponibles ailleurs et plus facilement si quelqu’un avait besoin de se les procurer », comme sur les « réseaux sociaux ». Pas de panique, donc, d’autant que « vous tomberez normalement sur une IA qui vous indiquera que c’est un appel de démarchage » après votre « allô », indique Benjamin Recher.

Nos données personnelles valent cher

Les arnaques les plus probables et plus souvent remontées à Que Choisir Ensemble sont celles mettant en scène un faux conseiller bancaire, qui tente d’escroquer sa victime en lui demandant ses informations confidentielles. « Dans tous les cas, ne pas communiquer par téléphone des données bancaires », rappelle l’Arcep. Outre ces informations sensibles, des arnaqueurs peuvent essayer d’obtenir « vos données personnelles, comme vos adresses mail, vos adresses, votre profil, tout ce qui peut avoir une valeur plus tard et être revendu », poursuit Benjamin Recher, ou simplement essayer de vous vendre un produit ou un service.

Quant aux « appels silencieux », qui ne sonnent que très brièvement ou raccrochent dès que vous répondez, « il ne faut surtout pas rappeler, car il y a un risque qu’il s’agisse d’un numéro surtaxé », avertit le chargé des relations institutionnelles chez Que Choisir Ensemble. Il peut aussi s’agir d’un démarchage légal, provenant d’un centre d’appels « qui a [lancé une communication] alors qu’aucun téléconseiller n’est disponible pour la prendre », selon l’Arcep. Mais, dans le doute, mieux vaut être prudent.

De nouvelles règles cette année

Il existe heureusement des règles pour les limiter ces appels et aider les citoyens à y voir plus clair. Depuis le début de l’année, les opérateurs français doivent automatiquement afficher « numéro masqué » pour les appels émis depuis l’étranger avec un numéro français n’ayant pas pu être authentifié. Cette mesure vise à mieux identifier les potentiels appels frauduleux qui usurpent des numéros de téléphone de particuliers ou d’entités de confiance, souvent émis depuis l’étranger.

Une nouvelle mesure, plus forte encore, entrera en vigueur le 11 août. A partir de cette date, « vous serez présumé non consentant, donc on devra vous demander votre autorisation, sur Internet ou en magasin par exemple, si on veut vous appeler, hors contrat en cours », explique Benjamin Recher. Loin d’être magique, cette nouvelle règle n’empêchera pas les appels frauduleux mais permettra tout de même de faire le tri : il y a « de fortes chances pour que, si vous recevez un appel de démarchage, il soit illégal ». C’est déjà ça de pris.