Des lunettes Meta dopées à l’IA auraient enregistré des scènes intimes à l’insu des utilisateurs
vie privée•Selon une enquête de la presse suédoise, les lunettes connectées Ray-Ban Meta auraient enregistré des images intimes de personnes à leur insu20 Minutes avec agence
Les eurodéputés montent au créneau après les révélations des quotidiens suédois Svenska Dagbladet et Göteborgs-Posten. Les lunettes Ray-Ban Meta auraient en effet enregistré des images intimes de personnes à leur insu. Plusieurs élus ont donc interpellé la Commission européenne et lui demandent de clarifier sa position, rapporte Euractiv.
L’enquête révèle que les clichés ainsi collectés auraient ensuite été transmis à un sous-traitant basé au Kenya afin d’être annotés et utilisés pour entraîner les systèmes d’intelligence artificielle du groupe. L’entreprise mise en cause, SAMA, a pour mission d’examiner les images et d’y étiqueter différents éléments - objets, visages ou environnements - afin d’entraîner les algorithmes à les reconnaître automatiquement, détaille BFM Tech. Interrogés par les journalistes suédois, des employés du sous-traitant affirment avoir eu accès à des clichés de personnes dans des situations intimes.
Des personnes facilement identifiables
Or ces fichiers devraient, en théorie, être anonymisés, notamment par le floutage des visages, ce qui n’aurait pas été fait. Ils permettraient donc d’identifier facilement les personnes concernées.
Ces révélations ont poussé plusieurs eurodéputés à demander des comptes à Bruxelles. Ils souhaitent notamment savoir quelles mesures concrètes pourraient être prises à l’encontre du géant américain. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) impose en effet que les personnes concernées soient informées de la collecte de leurs données et qu’elles donnent leur consentement explicite.
Meta se défend
La question du transfert de ces données vers des pays tiers complique encore le dossier. En vertu du RGPD, un État situé hors de l’Union européenne doit offrir un niveau de protection jugé « adéquat » par la Commission européenne, ou bien être soumis à des garanties contractuelles spécifiques encadrant ces transferts. Or le Kenya est toujours en pourparlers avec Bruxelles pour que sa législation sur la protection de la vie privée soit reconnue comme adéquate.
Interrogé par Euractiv, un représentant de Meta a assuré pour sa part que l’entreprise prenait la protection des données personnelles « très au sérieux » et améliorait « continuellement ses efforts et ses outils dans ce domaine ».



















