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Sur les sites de rencontres, on serait prêt à se mettre en couple avec l’IA

Sites de rencontres: Faites-vous partie de ces Français prêts à être en couple avec une IA?

LOVE actualLyUne étude très sérieuse révèle que de plus en plus de Français envisageraient une relation avec une IA
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • Une étude du fournisseur de solutions de cybersécurité Norton alerte : les utilisateurs d’applications de rencontres sont nombreux à envisager une relation amoureuse avec une IA.
  • En cause, les outils de plus en plus sophistiqués proposés par les intelligences artificielles, mais aussi le sentiment de solitude largement partagé par toutes les générations.
  • L’arrivée prochaine avec ChatGPT d’un mode « adulte » et conversations érotiques alarme déjà…

C’est un phénomène de société dont on commence à dessiner les contours. Et les chiffres avancés ont de quoi interpeller, en attendant de devenir tout à fait alarmants. Ainsi, de plus en plus de personnes entretiennent ou envisagent d’entretenir une relation « amoureuse » avec une intelligence artificielle. Ce que confirme une récente étude* que le spécialiste de la cybercriminalité Norton a réalisée auprès des utilisateurs d’applications de rencontres. Plus de 1.000 Français interrogés. 20 Minutes se l’est procurée. Vous reconnaîtrez-vous ?

La solitude, comme moteur de recherche

Début 2026, à peine plus de 3 ans après le début de la déferlante IA, c’est donc une frontière que beaucoup semblent déjà prêts à franchir. Selon le fournisseur de solutions de cybersécurité Norton, 64 % des utilisateurs d’applications de rencontres envisageraient d’entretenir une relation avec un chatbot IA. Elles seraient 67 % dans le monde, indique Norton qui a mené son enquête sur tous les continents.

Raison de cet engouement ? Passé le stade de la curiosité qui peut pousser à entrer « en relation » avec une IA, le sentiment accru de solitude et d’isolement en serait le moteur principal. À elle seule, la Gen Z (1997-2012) l’éprouverait à… 90 % ! Il décline peu à peu, au fur et à mesure que l’on avance en âge : 86 % chez les Millennial (1981-1996) ; 79 % auprès de la Gen X (1965-1980), et 69 % chez les Boomers (1946-1964).

Pour 43% des personnes utilisant des applications de rencontres, un partenaire basé sur l’IA «pourrait se montrer plus présent émotionnellement qu’un humain»
Pour 43% des personnes utilisant des applications de rencontres, un partenaire basé sur l’IA «pourrait se montrer plus présent émotionnellement qu’un humain» - Norton

Autre chiffre qui questionne : 79 % des Français affirment faire davantage confiance à un coach IA pour leur fournir des conseils relationnels qu’à un ami ou à un membre de la famille. Ce que semblerait confirmer une autre étude d’ailleurs, publiée cette semaine par l’Ifop** : 39 % des moins de 30 ans ont déjà utilisé l’intelligence artificielle à des fins de conseils sexo ou d’éducation.

Reste que pour 43 % des personnes utilisant des applications de rencontres, un partenaire basé sur l’IA « pourrait se montrer plus présent émotionnellement qu’un humain ». Ce qui risque, in fine, d’accentuer ce fameux sentiment de solitude. « Dis-SIRI ? Est-ce que tu m’aimes ? »…

Arnaques sentimentales façon « faux Brad Pitt »

Du coup selon Norton, 24 % des personnes interrogées reconnaissent que la solitude les pousse à prendre plus de « décisions risquées » au sujet de leurs rencontres en ligne. Et là, gare aux dérapages…

Dans le film «HER» en 2013, le personnage campé par Joaquin Phoenix tombe amoureux d'une IA dans son téléphone.
Dans le film «HER» en 2013, le personnage campé par Joaquin Phoenix tombe amoureux d'une IA dans son téléphone. - Capture/Warner

Car outre les dégâts émotionnels qu’un chatbot peut causer (le film HER de Spike Jonze était précurseur en la matière, dès 2013), Norton alerte sur les arnaques sentimentales qu’il peut aussi engendrer lorsque utilisé par des personnes mal intentionnées. Le phénomène n’est évidemment pas nouveau. L’IA générative est ses deepfakes ont déjà fait des ravages. Désormais, les brouteurs -tous faux Brad Pitt en puissance-, peuvent s’en donner à cœur joie. Et Norton fournit d’eux un portrait-robot très clair.

Le « love-bomb » et ses torrents d’affection

Sur les sites de rencontres, ils ne ressemblent en rien à la star de Fight Club : ils évitent d’ailleurs les visios pour dissimuler leur véritable identité ; ils ont peu de followers sur leurs réseaux sociaux ; et ne veulent jamais vous rencontrer (et pour cause, ils habitent souvent dans des pays lointains). Ils utilisent des photos volées et ont la fâcheuse tendance à utiliser la technique du « love-bomb ». Celle-ci consiste à submerger la cible d’affection excessive dès le début pour créer une dépendance rapide. Suivra inévitablement une demande d’aide financière… Ainsi, 41 % des personnes interrogées par Norton en France déclarent avoir déjà été ciblées par une tentative d’escroquerie. Pire : 63 % avouent être tombées dans le piège (et 68 % avoir perdu de l’argent). Si vous en êtes victime vous aussi, il est possible d’en faire une déclaration auprès des autorités sur ce site officiel dédié.

Notre dossier «Intelligence artificielle»

À l’heure ou OpenAI s’apprête à lancer son mode « adulte » (au premier trimestre 2026), permettant d’entretenir des conversations érotiques avec ChatGPT, il y a plus que jamais matière à inquiétude sur les conséquences à court, moyen et long terme d’une telle initiative, si elle ne dispose pas, d’emblée, de véritables garde-fous.


* réalisée en France par Dynata du 31 juillet au 12 août 2025 auprès d‘un échantillon de 1.001 adultes.

** réalisée pour Gleeden du 14 au 19 novembre 2025 auprès d’un échantillon de 2.603 personnes.