« Il est réparable et conçu pour durer vingt ans »… Comment « Albert » veut secouer le marché du lave-vaisselle
MADE IN FRANCE•Avec une promesse de durabilité et de réparabilité, le lave-vaisselle Albert sera commercialisé à partir de mi-2026 avec un premier gros contrat signé avec l’enseigne BoulangerJérôme Gicquel
L'essentiel
- Fabriqué à 80 % en France avec la promesse d’être réparable et de « durer plus de vingt ans », le lave-vaisselle Albert va commencer à être commercialisé mi-2026.
- Martin Hacpille, son concepteur, vient de signer un contrat avec l’enseigne Boulanger.
- Le PDG de l’entreprise EverEver prévoit déjà de développer d’autres produits électroménagers comme un four, une plaque de cuisson ou un lave-linge.
Il se prénomme Albert et il compte bien, dans les prochains mois, trouver sa place dans votre cuisine. Alors que de nombreuses marques historiques d’électroménager ont fermé tour à tour leurs usines depuis une vingtaine d’années en France, certains acteurs font le pari de la relocalisation. Comme l’entreprise EverEver et son lave-vaisselle Albert, « car il n’y a pas besoin d’être Einstein pour le réparer », sourit son concepteur, Martin Hacpille. Avant de se lancer dans le grand bain de la vaisselle sale, cet ingénieur de formation a connu, comme tout le monde un jour, le coup de la panne sur sa machine.
Diplômé en génie mécanique et industriel, il pensait alors, naïvement, qu’il lui serait assez facile de la réparer. Grosse erreur. « Il y a déjà la difficulté de faire le diagnostic, car il n’y a pas beaucoup de codes pannes sur un lave-vaisselle », indique-t-il. En fouinant sur Internet, on peut, avec un peu de chance, récupérer la notice de réparation de son appareil. « J’en ai trouvé un de 450 pages en finlandais pour mon modèle de machine », ironise Martin Hacpille.
Une note de 10/10 à l’indice de réparabilité
Et quand on trouve enfin la pièce détachée qui redonnera vie à la bête, la douche peut être bien froide quand on découvre son prix. « C’est une aberration économique car cela coûte presque moins cher d’en acheter un neuf que de le réparer, indique l’ingénieur de 39 ans. D’ailleurs, tout est fait pour que l’appareil ne soit pas réparable. » Avec ses équipes, le PDG d’EverEver a donc voulu prôner une autre philosophie : « Si le produit n’est pas facilement réparable, c’est qu’il est mal conçu. »
Pour son « premier bébé », qui a nécessité cinq années de recherche et développement, il a opté pour « une architecture modulaire de type Lego », afin que chaque pièce soit démontable facilement. Et réparable par tout un chacun. C’est d’ailleurs l’une des promesses d’Albert, « le seul lave-vaisselle à avoir obtenu 10/10 à l’indice de réparabilité. » Albert se vante aussi d’être durable, avec une durée de vie « de plus de vingt ans » selon son concepteur, contre « cinq à dix ans » en moyenne pour ses concurrents.
Fabriqué à 80 % en France et assemblé en Bretagne
Vendu à partir de 800 euros, contre 500 euros en moyenne pour un modèle standard, avec une garantie de huit ans, le lave-vaisselle se positionne sur un segment haut de gamme. Le prix aussi du made in France puisque le produit, d’une capacité de 14 couverts et de 60 centimètres de largeur, sera fabriqué à 80 % en France. « Pour les 20 % restants, ce sont des pièces qu’on ne produit pas ici, comme des composants électroniques », souligne Martin Hacpille.
Notre dossier sur le made in FrancePour l’assemblage, l’usine sera implantée du côté de Vannes en Bretagne, la « région de cœur » du concepteur, possiblement sur le site de l’ancienne usine Michelin qui a fermé ses portes début septembre. Le temps presse d’ailleurs car les premiers modèles d’Albert doivent être commercialisés mi-2026. Le carnet de commandes est déjà bien rempli avec près de 60.000 unités précommandées, dont 2.000 par l’enseigne Boulanger, qui a conclu un partenariat pour trois ans avec EverEver. « D’autres sont déjà signés en France et en Europe », confie Martin Hacpille, préférant garder la discrétion sur les noms.
Le jeune chef d’entreprise prévoit assez vite de produire « entre 150.000 et 160.000 unités » dans son usine bretonne et ambitionne déjà de développer d’autres produits électroménagers comme un four, une plaque de cuisson ou un lave-linge. « Albert est le premier de la famille mais il aura bientôt des frères et sœurs », sourit le papa, impatient que son bébé réussisse ses premiers pas.



















