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Recalé, le trio Bouygues, Free et Orange persiste et maintient son offre de rachat de SFR

Rachat de SFR : Recalé, le trio Bouygues, Free et Orange persiste et maintient son offre

TélécomsOrange, Free et Bouygues Telecom ont remis sur la table leur offre de rachat conjointe de SFR pour 17 milliards d’euros après qu’elle ait été rejetée par Altice France
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Orange, Free et Bouygues Telecom ont remis mercredi soir sur la table leur offre de rachat conjointe de SFR. Elle avait pourtant été écartée dans la matinée par sa maison mère Altice France. Un choix qui ouvre la voie aux négociations et un possible passage de quatre à trois opérateurs.

Bouygues Telecom, Orange et Iliad (Free) s’étaient positionnés de manière inédite mardi avec une proposition commune de rachat de « la plupart des actifs de l’opérateur SFR » pour 17 milliards d’euros. Une offre « immédiatement rejetée » par Altice France. Mais les acheteurs potentiels « restent convaincus de la pertinence de leur proposition » et « maintiennent leur offre », ont-ils indiqué mercredi dans un communiqué commun. Ils entendent « créer un dialogue constructif avec le Groupe Altice et ses actionnaires pour envisager ensemble la manière dont ce projet pourrait prospérer ».

Une offre jugée relativement basse

L’hypothétique rachat, qui prendrait des mois, voire des années, devrait d’abord passer par un consensus sur le montant. Avant le rejet de SFR mercredi matin, plusieurs analystes bancaires avaient qualifié l’offre de relativement basse. D’après une note de la banque UBS, le prix de rachat de 17 milliards d’euros, qui porterait selon ses concurrents la valeur totale d’Altice France à 21 milliards, est « juste en deçà » de la valorisation moyenne calculée sur le secteur.

« Évidemment le prix est bas, puisque de toute façon, dans la négociation, il va monter », relève Sylvain Chevallier, analyste télécoms et associé du cabinet de conseil Bearing Point. Mais ce spécialiste évoque une « offre tout à fait crédible. »

« Situation financière assainie »

Avec une dette tombée de plus de 24 milliards à 15,5 milliards d’euros début octobre, la maison mère de SFR s’est éloignée de la menace d’un mur de la dette. L’opération l’a placée dans « une situation financière assainie, une situation opérationnelle et commerciale très largement améliorée » avec des « actifs uniques », vantait fin septembre son PDG Arthur Dreyfuss.

Si Bouygues Telecom, Free et Orange ont assuré vouloir « préserver un écosystème concurrentiel au bénéfice des consommateurs », le ministre de l’Économie Roland Lescure a assuré mercredi qu’il resterait attentif. « Je vais être extrêmement vigilant sur cette opération, parce qu’aujourd’hui […] en France, on a les prix des téléphones mobiles, des abonnements, parmi les moins chers d’Europe », a-t-il déclaré sur RTL.

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Du côté des syndicats, qui expriment depuis plusieurs mois la crainte d’un « projet de démantèlement » de l’opérateur aux 8.000 salariés, le rejet de l’offre n’a pas éteint les inquiétudes. Avec le syndicat Unsa et le CSE du groupe, la CFDT a fait appel de la validation par la justice du plan de sauvegarde accélérée d’Altice France. Une audience doit se tenir le 4 novembre.