Avec son X-Half, Fujifilm lance l’appareil photo « Canada Dry »
PHOTO RÉTRO•Entre argentique et numérique, cet appareil photo est un véritable OVNI qui invite à la créativitéChristophe Séfrin
L'essentiel
- Fujifilm vient de lancer un appareil photo numérique qui se prend pour un argentique : le X-Half.
- S’il photographie d’abord à la verticale, conformément à ce qui semble être le nouveau standard, il permet aussi d’utiliser différents types de pellicules -ici simulées- comme au temps de l’argentique.
- Intrigant, détonnant mais restant cher, ce modèle reste cependant une véritable invitation à la créativité.
La nostalgie est toujours ce qu’elle était. Avec son appareil photo X-Half, Fujifilm réunit deux mondes comme aucun constructeur n’avait encore osé le faire : celui de la photo argentique et celui de la photo numérique. Du coup, avec son petit goût analogique, ce modèle à la saveur pourtant bien contemporaine, possède un côté « Canada Dry »… Le pari était audacieux, mais le fabricant japonais livre un compact ingénieux, surprenant, inattendu, qui peut autant séduire les plus jeunes que leurs aînés. 20 Minutes a pu appuyer sur le déclencheur.
Deux écrans tactiles verticaux
Il a une bonne petite bouille ce X-Half ! Carrossé comme un appareil photo vintage, ses lignes fluides l’inscrivent pourtant dans son époque. Petit et léger (10 x 6,4 x 4,5 cm pour 240 g), il tient dans la poche. Dommage que son revêtement texturé soit une imitation en plastique dur. A ce prix, tout de même…
Surprise au verso : le X-Half dispose de deux écrans verticaux tactiles. Le premier, au centre, sert de viseur numérique. Sur le second, à gauche, l’utilisateur peut choisir son type de pellicule selon son logo. On y est : avec le X-Half, la visée s’effectue à la verticale (ce que confirme son viseur optique), comme on le fait la plupart du temps avec nos smartphones. Son capteur de 18 mégapixels (au format 1 pouce) est donc intégré verticalement. De type 3 : 4, il est associé à une focale fixe (équivalent 32 mm f/2.8), du type de celles qu’utilisaient les compacts jetables d’hier.
Mais avec ce nouveau compact, on peut aussi photographier comme on le faisait jadis. Oui, quand au temps de l’argentique, il était possible d’intégrer dans son boîtier différents types de pellicules… Pour ce faire, Fujifilm propose ainsi de sélectionner sur l’écran gauche de son appareil treize pellicules virtuelles, de Velvia, à Classic Neo. De quoi multiplier les effets, les textures… Mais attention, originalité…
Un mode argentique très… analogique !
En utilisant le mode argentique du X-Half, il faut non seulement choisir sa pellicule, mais également le nombre de vues désirées : 36, 54 ou 72 pauses. Et dès lors, impossible d’en changer tant que l’on n’a pas terminé sa pellicule virtuelle ! À chaque prise de vue (ici, réalisée exclusivement avec le viseur optique), il est aussi nécessaire de manœuvrer le levier en haut, à droite, pour faire « défiler » la pelloche… comme sur un ancien appareil photo. Et « pire » : impossible de contrôler la qualité de ses photos, de savoir si la visée est bonne sur l’écran tant que la pellicule… n’a pas été « développée » !
Pour cela, il est nécessaire de transférer ses images dans l’application X-Half et d’attendre que chacune de ses photos se révèle sur une planche contact. Anachronique ? Carrément ! Mais quel délicieux retour en arrière pour ceux qui ont connu l’argentique… et quelle belle découverte pour ceux qui sont nés après ! De quoi retrouver l’ADN de la photographie et flatter les adeptes de la slow photography.
19 filtres créatifs
Que l’on se rassure : il est également possible d’utiliser le X-Half en mode numérique. Dès lors, on pourra non seulement choisir pour chaque photo quelle pellicule on désire utiliser ; emprunter, aussi l’un des dix-neuf filtres proposés (de « appareil jouet » à « fisheye », en passant par « miroir »). Et bien évidemment, on pourra prendre des photos au format Paysage… à condition d’opérer une rotation de 90° de l’appareil.
A l’arrivée, les photos prises avec ce X Half ne détonneront pas par leur extrême qualité. Elles sont d’une facture qui - en mode argentique tout du moins - peut parfois sembler perfectible par rapport à celle de nos smartphones. Rien à voir, non plus, avec la qualité d’image d’un compact expert ou d’un reflex. Par ailleurs, l’X-Half ne photographie qu’en JPEG et pas en RAW. Ses clichés ont davantage vocation à être partagés qu’imprimés. Quant aux vidéos qu’il peut tourner (en Full HD), elles restent elles aussi assez convenues.
Notre dossier «Photo»C’est donc l’expérience photographique de ce petit appareil signé Fujifilm qu’il faut bien vanter. Malheureusement excessivement cher (799 euros), ce modèle aussi séduisant, original et innovant soit-il, peine à justifier son tarif. D’autant qu’à budget identique, les personnes en quête de performances préféreront sans doute s’offrir un appareil photo hybride. Et à l’image du ZV-E10 de Sony, du Canon EOS R50, de l’Olympic OM-D E-M10 Mark IV, ils sont aujourd’hui nombreux à ce tarif.



















