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Avec le vélo pliable « Bastille », l’inventeur de la poussette Yoyo récidive

Le papa de la poussette Yoyo invente Bastille, un vélo pliable révolutionnaire

DANS LA PLACEAvec « Bastille », l’inventeur de la poussette Yoyo lance le premier vélo pliable à grandes roues
Le vélo Bastille: séquence «pliage»!
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • En 2012, Gilles Henry a révolutionné la vie des jeunes parents avec sa poussette Yoyo, vendue depuis à 2,2 millions d’exemplaires.
  • L’ingénieur de formation revient aujourd’hui avec Bastille, un vélo pliable, qui est le premier à proposer des grandes roues de 27,5 pouces, contre 16 ou 20 pouces généralement.
  • Se pliant et se dépliant en six secondes chronos, Bastille veut apporter la solution que de nombreux cyclistes, ayant notamment peur de se faire voler leur monture, attendaient.

Vous ne connaissez peut-être pas encore sa dernière invention, mais avez certainement entendu parler de Yoyo, la poussette pliable dont il est le papa et qui, dès 2012, a révolutionné la vie des jeunes parents. Gilles Henry, aujourd’hui 65 ans, n’en finit pas de savourer son succès après 2,2 millions de poussettes vendues dans le monde, tout en se lançant un nouveau défi : créer le premier vélo pliable à grandes roues. Pari gagné avec Bastille, une étonnante monture qui se plie et se déplie en six secondes seulement.

Le vélo pliable fait sa révolution

Il a le triomphe modeste, Gilles Henry. Ingénieur de formation, l’inventeur de la poussette Yoyo reconnaît que le succès l’a surpris. « Ne plus pouvoir sortir dans la rue sans voir un produit que j’ai créé, je ne m’en lasse pas ! Parler aux gens et s’entendre dire que cette poussette a changé leur vie, est extrêmement gratifiant », avoue celui qui, voici quelques mois, a lancé Bastille. Une autre révolution.

« En fait, lorsque je travaillais sur mon projet de poussette, j’ai regardé les vélos, et les vélos pliables. Il y avait des concepts intéressants, mais je ne trouvais pas de bon vélo. Et puis, pourquoi avaient-ils tous des petites roues ? », rappelle Gilles Henry. Nous sommes en 2014 et des marques comme Brompton ou Strida proposent en effet des vélos pliants, mais dont les roues (de 16 ou 20 pouces) ne sont vraiment pratiques pour les petits trajets urbains.

Lorsque déplié, le vélo Bastille ressemble à s'y méprendre à un classique vélo musculaire.
Lorsque déplié, le vélo Bastille ressemble à s'y méprendre à un classique vélo musculaire. - Bastille

Développer un vélo pliable avec des grandes roues (ici 27,5 pouces), dont on peut faire exactement le même usage qu’avec un classique vélo, a été « long et lent », rappelle aujourd’hui Gilles Henry. « Et puis, je me suis assez vite rendu compte qu’un vélo, c’est beaucoup plus compliqué qu’une poussette, avec des éléments techniques incontournables. Mécaniquement, les contraintes sont beaucoup plus importantes ».

Gilles Henry, l'inventeur de la poussette Yoyo et du vélo pliable Bastille.
Gilles Henry, l'inventeur de la poussette Yoyo et du vélo pliable Bastille. - Bastille

Gilles Henry se rapproche de Julien Leyrelou, qui a créé Victoire Cycles à Clermont-Ferrand, « un des meilleurs cadreurs qui fait du sur-mesure et qui a tout de suite adhéré au projet du vélo Bastille ». Julien dessine la géométrie du vélo, charge à Gilles de le rendre pliable. Pas facile, même lorsque l’on a déjà rendu pliable comme jamais la poussette.

« Quand je n’y arrivais pas, je mettais de côté et revenais plus tard sur le projet. Le process est passionnant et il y a toujours un peu cette foi qu’il y a une solution quelque part, que quelqu’un n’a pas creusé là où il faut et n’a pas trouvé », confesse Gilles Henry. Qui finit par trouver la solution. Sa solution. « C’est un pliage en pyramide avec un seul degré de liberté, autrement dit, une seule façon de plier ».

Six secondes, il n’en faut pas plus pour que Bastille soit plié. Lorsque l’on observe Gilles Henry à la manœuvre, cela a l’air d’une facilité sans pareil. À l’essai, il faut s’y prendre à plusieurs reprises pour parfaitement mémoriser les quelques étapes à enchaîner pour que le vélo soit réduit à la taille d’un bagage cabine. « Il fallait que ce soit rapide et facile, si possible faisable d’une main. On est passés par plein de phases de prototypage, avec six versions différentes de la tige de selle pour arriver à quelque chose d’efficace, simple à fabriquer », explique l’ingénieur.

Moins de 16 kg

Pesant 15,2 kg dans sa version à trois vitesses (16 kg pour celle à sept vitesses) le vélo à courroie, disponible avec un guidon droit ou légèrement ceintré, avec un cadre en aluminium fabriqué à Angers, garde-boue et éclairage avant et arrière, et même béquille est très discret une fois plié : 87 x 73 x 36 cm. Il peut ainsi être déplacé en position de roulage, ce qui peut s’avérer très pratique dans une rame de TER, une gare… Ou tout simplement pour le ranger chez soi, son fabricant proposant même une housse de transport. Quoi qu’il en soit, une poignée en facilite les manipulations.

Le vélo Bastille se plie et se déplie en six secondes chrono.
Le vélo Bastille se plie et se déplie en six secondes chrono. - Le vélo Bastille se plie et se déplie en six secondes chrono.

« L’un des gros problèmes du vélo en ville, c’est le vol : les gens ne savent pas ou le ranger, comment le sécuriser. Beaucoup ne veulent pas d’un vélo pliant à petites roues et s’orientent sur de la location, de la trottinette électrique… C’est à eux que l’on veut s’adresser avant tout, pour les déplacements du quotidien. Un tel vélo pliant, c’est aussi un vélo multimodalités », précise le papa de Bastille.

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Expérience et maintenance

Vendu 2.590 euros (3 vitesses) ou 2.790 euros (7 vitesses), Bastille peut bénéficier d’une subvention sans condition en Ile-de-France de 400 euros. Le vélo a déjà trouvé sa place dans un réseau d’une quarantaine de revendeurs en France (et une vingtaine en Europe). Gilles Henry, qui le commercialise aussi sur Internet, préfère néanmoins s’adosser aux petits détaillants, qui proposent une expérience, et de la maintenance. « On a vu Angell, VanMoof, Cowboy, toutes ces marques qui se sont développées en ligne et qui n’ont pas toutes connu le succès sur ce modèle, qui reste très fragile. C’est très difficile d’atteindre les gens. Le vélo, c’est mieux de l’essayer », prône le fabricant de Bastille.

Lequel compte écouler plusieurs milliers d’exemplaires de sa monture dès 2026, et plusieurs dizaines de milliers à terme. Sans compter la version électrique de Bastille qui devrait être annoncée avant la fin de l’année 2025 et pour laquelle Gilles Henry nous donne déjà quelques pistes : « On a trouvé une solution qui tire tous les avantages du pliage, sans de nouvelles contraintes, avec une autonomie respectable qui reste celle d’un vélo de ville de moins de 20 kg, que l’on peut remonter chez soi et stocker pour le recharger. Et avec un prix compétitif ».