Salon de la Photo 2024 : Les jeunes ont le déclic entre smartphone et appareil plus expert pour de meilleures images
CLIC-CLAC•De plus en plus de jeunes délaissent le smartphone pour faire évoluer leur passion de la photoChristophe Séfrin
L'essentiel
- L’édition 2024 du Salon de la photo se déroule à Paris, à la Grande Halle de la Villette, du jeudi 10 au dimanche 13 octobre.
- La manifestation, qui accueillera 170 marques, attend, comme l’an passé, jusqu’à 35.000 visiteurs.
- La tendance du secteur, en pleine mutation grâce aux réseaux sociaux et à l’IA, est aussi au rajeunissement de ses pratiquants.
Appuyer sur le déclencheur de la passion ! Le Salon de la photo 2024* dont 20 Minutes est partenaire ouvre ses portes ce jeudi 10 octobre et compte bien capitaliser sur l’engouement qui ne se dément pas des Français pour la photo. Parmi eux, les jeunes, qui, s’ils utilisent principalement leur smartphone pour réaliser photos (et vidéos), s’en servent aussi comme porte d’entrée dans l’univers plus vaste de la photographie. Marianne Chandernagor, directrice de l'événement, décrypte ce nouveau phénomène.
Des visiteurs dix ans plus jeunes
« Il y a quelques années, on se disait que c’était un secteur déclinant, qui allait disparaître avec le numérique et les smartphones. Depuis la reprise post-Covid, la photo est redevenue un univers tendance », constate Marianne Chandernagor, directrice du Salon de la photo. Un chiffre semble confirmer ce renouveau : l’âge moyen des visiteurs du Salon de la Photo était de 56 ans avant la pandémie de Covid-19. Il est désormais de 46 ans ! Exit les « gilets à poches » (c’est ainsi que l’on surnomme les photographes passionnés qui ne se séparent jamais de leur gilet sans manche, façon photographe reporter) ? Place aux jeunes ?
« Les jeunes sont portés par l’image, se mettent en scène, racontent leur vie et ne sont pas forcément en quête de souvenirs photographiques », complète Marianne Chandernagor. Une enquête** réalisée en amont du Salon de la photo révèle d’ailleurs que l’ensemble des usages évoluent. Si la « quête de souvenirs » chute en effet de 4 % (54 % des photographes la poursuivent néanmoins), on note une augmentation de celles et ceux utilisant la photo pour « témoigner et raconter la réalité (18 %) ; « sublimer en embellir la réalité » (12 %) ; « discuter, interagir, mais en images » (10 %), voire « mettre en valeur mon physique, mon corps » (7 %). Tous ces usages évoluent de 2 % en un an.
Migrer vers des outils plus techniques
Pour un usage de la photo très quotidien, le smartphone est évidemment roi. « C’est un outil de mise en scène », analyse la directrice du salon de la photo, « puis les jeunes migrent vers des outils plus techniques, avec une pratique de plus en plus experte ». Eventuellement franchi le cap de l’appareil photo instantané de type Instax de Fujifilm, ou Polaroid (dont les ventes progressent toujours), les jeunes photographes vont « soit s’offrir un appareil photo d’entrée de gamme, soit vers un appareil photo de seconde main, qui permet de commencer la pratique sans se ruiner ».
Du côté des entrées de gammes, on peut en effet s’équiper d’un Reflex Canon EOS 2000D avec objectif 18-55 mm, ou d’un Nikon D5600 (18-55 mm) pour guère plus de 500 euros. Comptez moins de 900 euros pour l’hybride ZV-E10 (16-50 mm) de Sony, ou pour le Lumix G100D de Panasonic (12) 32 mm + 45-150 mm), de plutôt très bons élèves pour la photo, mais aussi la vidéo.
Concernant les appareils photo d’occasion ou reconditionnés, le choix est immense, avec des tarifs très compétitifs, ce qui permet « de faire évoluer son matériel à moindre coût lorsque l’on monte en expertise », souligne Marianne Chandernagor. Selon l’enquête du Salon de la Photo, le prix reste l’argument déterminant quant au choix de son équipement, devant celui de la marque (pour 63 % des pratiquants).
L’argentique, pas que nostalgique
Autre porte d’entrée des jeunes dans le monde de la photo passion, le vintage. Alors que 56 % des personnes interrogées s’avouent nostalgiques de l’époque de l’argentique (soit + 19 points depuis 2015), la séduction pour la pellicule 35 mm que l’on développera agit à plein. Envie de ralentir, de prendre soin de chaque image réalisée, de découvrir un rendu différent, d’apprendre le B.A.-BA de la photo aussi… Depuis 2015, les ventes de pellicules ont ainsi explosé, avec même des pénuries en 2022.
Surfant sur la vague, le Salon de la photo proposera le dimanche 10 octobre, de 10 heures à 19 heures, une brocante argentique, avec une vingtaine de marchands spécialisés venus vendre du matériel d’occasion ainsi que des photos anciennes.
Faisant le grand écart, les plus jeunes photographes (notamment les 20-24 ans), s’intéressent parallèlement de plus en plus aux innovations techniques. L’IA et ses possibilités créatives passionnent par ailleurs 55 % des personnes interrogées, dont 70 % de 30-34 ans, qui trouvent cela « bien » que les intelligences artificielles puissent les assister dans leur pratique de la photo.
« On voit que les jeunes l’intègrent complètement dans leur façon de pratiquer la photo », s’enthousiasme Marianne Chandernagor, Directrice du Salon de la Photo. Ce regain d’intérêt pour la nouveauté, matérielle ou logicielle, semble une constante depuis 2020. 42 % des 20-24 ans considèrent d’ailleurs comme souhaitable qu’à terme des lunettes connectées remplacent et les appareils photo et les smartphones pour prendre des photos. 41 % pensent même que cela est tout à fait probable.
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