Coyote : C’est quoi cette histoire de détectives qui récupèrent 90 % des voitures volées ?
SECURITÉ•400.000 véhicules sont déjà équipés de la solution Coyote Secure qui retrouve les voitures volées dans plus de 90 % des casChristophe Séfrin
L'essentiel
- Lancée par Coyote en 2018, la solution Coyote Secure vient de fêter son 400.000e véhicule équipé, dont 100.000 rien que l’an passé.
- Grâce à un traceur implanté sur le véhicule, le fabricant aide à sa récupération en cas de vol, avec une restitution en quarante-huit heures dans plus de 90 % des cas.
- Sur le terrain, ce sont des détectives, salariés de Coyote, qui, avec le concours des forces de l’ordre, résolvent les affaires.
Un véhicule est volé en France toutes les quatre minutes. Un chiffre alarmant qui pousse à s’interroger : « à quand mon tour ? ». Si nos bagnoles de plus en plus truffées d’électronique sont paradoxalement de plus en plus faciles à dérober, le Français Coyote (historiquement connu pour ses avertisseurs de radars), a imaginé une solution pour en faciliter la géolocalisation et la récupération : Coyote Secure. Associant traceur GPS et radio avec des détectives, cette solution, désormais implantée dans 400.000 véhicules, serait d’une grande fiabilité. 20 Minutes vous explique son fonctionnement.
Le « mouse jacking », fléau des automobilistes
« Désormais, une voiture se hacke comme un PC, notamment avec sa clé main libre qui émet des ondes », alerte Stéphane Curtelin, directeur marketing et produit chez Coyote, « cela prend entre trente secondes et une minute trente ». C’est ce que l’on appelle le mouse jacking. Si les solutions manquent pour lutter contre le vol (140.400 véhicules ont été volés en France l’an passé, un chiffre en augmentation de 5 %), Coyote propose la sienne pour… récupérer les véhicules après coup. Et rapidement. Son nom : Coyote Secure.
L’association homme machine
L’idée est ici d’associer technologie et humain pour récupérer le plus rapidement possible le véhicule signalé volé. Pour la techno, Coyote a imaginé un petit boîtier autonome (cinq ans d’autonomie sur batterie), non brouillable, dissimulé quelque part dans la voiture. Non, ce n’est pas son conducteur qui essayera de planquer ce tracker, mais un installateur agréé (il en existe plus de 1.000 en France) qui dispose de quatorze caches possibles pour chaque modèle de voiture. Lui seul sait où le boîtier émetteur est dissimulé.
Pour l’humain, Coyote possède sa team de détectives. Oui, des détectives en chair et en os, salariés de l’entreprise (généralement des anciens des forces de l’ordre). Dès qu’un véhicule volé est géolocalisé grâce à son traceur, un agent Coyote est envoyé sur place pour en confirmer la présence et prendre contact avec les forces de l’ordre, seules habilitées pour orchestrer la récupération du véhicule.
Mais problème : les signaux du traceur GPS embarqué peuvent ne plus être repérables dès que le véhicule est « enfoui » (43 % des véhicules volés le sont, soit remisés ponctuellement dans des parkings souterrains, des box). Sur zone, l’enquêteur dispose alors d’un récepteur spécifique capable de recevoir des signaux, même faibles, grâce à une technologie radio (dans un rayon de 1 à 5 km). Ce qui lui permettra de s’approcher au plus près de l’endroit où se trouve le véhicule.
91 % de récupération en quarante-huit heures
Si Coyote ne dit pas de combien de détectives il dispose (leur nombre aurait été doublé l’an dernier), le fabricant revendique 91 % de véhicules récupérés en quarante-huit heures, et 92,7 % en cinq jours. « La rapidité évite que les véhicules soient démantelés ou partent à l’étranger, même si l’on est déjà intervenu en Allemagne, en Espagne et en Hollande », précise Stéphane Curtelin de Coyote. Ainsi, passées les quarante-huit premières heures suivant un vol d’un véhicule, les chances de le récupérer seraient divisées par dix !
Mais, intéressant : en retrouvant certains véhicules équipés Coyote Secure, il arrive aussi que les détectives du fabricant mettent la main sur de vraies caches de véhicules volés (parfois du même type ou de la même marque, comme les SUV hybrides de moins de 3 ans, très prisés). Il y aurait ainsi 13 % de saisies dites « incidentes », soit réalisées en plus de celle d’un véhicule équipé du traceur Coyote.
Si Coyote ne révèle pas le nombre de voitures récupérées par ses fins limiers en 2023, le fabricant livre cependant deux chiffres. Celui du prix moyen d’une voiture : « 36.000 euros », d’après Stéphane Curtelin (35.474 euros, vérification faite). Mais aussi un second : « l’an dernier, nous avons récupéré l’équivalent de 43 millions d’euros de valeur en véhicules ». Ce qui pourrait faire autour de 1.200 voitures retrouvées. En cas de véhicule non récupéré, Coyote s’engage à rembourser l’abonnement payé par son propriétaire. Maigre consolation.
125.000 véhicules en plus équipés cette année
La solution Coyote Secure, désormais recommandée par de nombreux assureurs, revient à 14,99 euros/mois (avec engagement de deux ans), plus 99 euros de frais d’installation et de mise en service, plus 4,99 euros de frais de livraison. Soit une dépense minimale de près de 464 euros.
Un investissement important, certes, mais qui peut occasionner une baisse de votre prime d’assurance, de nombreux assureurs préférant faire un geste commercial en cas d’équipement, plutôt que d’avoir à rembourser à son propriétaire le montant de sa voiture volée. En 2024, Coyote compte équiper 125.000 véhicules de sa solution, une augmentation de 25 %. Mais pas les motos : le nombre de caches possibles pour son traceur est trop limité !
Depuis 2005 dans l’écran radar
Historiquement, Coyote, créé en 2005, faisait partie de ces outils communautaires (comme jadis Wikango, Inforads, Alerte GPS…), pour signaler les radars fixes et mobiles sur les routes. Arguant alors d’une augmentation du nombre de morts sur les routes, le gouvernement avait sifflé la fin de la partie dès 2011, finissant quand même par autoriser le signalement par les petits boîtiers de ces marques des fameuses « zones de contrôle ». La fin des solutions « antiflash » rivées sur le tableau de bord de nos voitures ouvrait la voie à des « outils d’aide à la conduite ». Les Français en achetaient à l’époque un million par an (et 2,5 millions de GPS, comme ceux de TomTom) ! Mais c’était avant Waze et Google Maps…



















