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Un casque intégral pour faire du vélo en ville, est-ce une bonne idée ?

Virgomove : Un casque intégral pour faire du vélo en ville, est-ce une bonne idée ?

ÉQUIPEMENTUne start-up française lance le Virgomove, un casque intégral pour protéger les utilisateurs de vélos et de trottinettes qui peut dérouter… mais sauver des vies
Virgomove: place au casque intégral sur vélo et trottinette!
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • Les accidents de vélo et de trottinette augmentent proportionnellement au nombre d’utilisateurs de ces moyens de transport, en pleine expansion depuis le Covid.
  • Virgo, une start-up d’Avignon, lance son Virgomove, un casque intégral avec un niveau de protection renforcée et un confort tout autre que celui des casques intégral pour moto.
  • Il est disponible pour enfants, femmes, hommes, est personnalisable, et également proposé en version Mips, qui minimise l’impact des chocs obliques.

C’est une start-up française qui se distingue dans le monde des accessoires pour vélo. Son nom : Virgo. Basée à Avignon, celle-ci vient de lancer Virgomove, un casque intégral pour les utilisateurs de vélos, vélos électriques et trottinettes. Oui, intégral, comme pour les motos. Mais avec de sérieuses différences dans sa conception. À quoi ressemble cet équipement qui prétend révolutionner la sécurité des utilisateurs ? Faut-il s’en emparer pour vraiment se protéger ? 20 Minutes s’est posé la question.

Une protection bien plus sûre

226 cyclistes ont perdu la vie en France en 2023, selon l’ONISR (Observatoire interministériel de la Sécurité routière). Certes, l’usage des vélos (et des trottinettes) a considérablement augmenté depuis le Covid : de l’ordre de 20 % en agglomération et de 19 % hors agglomération. Mais le nombre de victimes fait froid dans le dos. Et c’est sans parler des blessés graves, voire blessés graves avec séquelles. Ces derniers représentent respectivement 21 % et 9 % des victimes des accidents routiers.

C’est justement après qu’un ami s'est gravement blessé au visage à vélo que Jean-Baptiste Petricoul, cycliste et designer, a voulu imaginer une protection bien plus sûre que les classiques casques pour vélos.

Réduire la matière

Adepte de BMX, de VTT et de vélo de route, cet ancien designer industriel (il a œuvré chez Décathlon, Michelin, et a travaillé sur les premiers smartphones Pixel de Google) s’est mis « réfléchir à ce qui se faisait sur les casques moto de route, mais en réduisant la matière au maximum, et en limitant les contacts avec les mousses ». But : augmenter la protection du vélotaffeur, du cyclo touriste et de l’utilisateur de trottinette. Car s’il existe bien des casques intégraux pour les VTTistes, ils se rapprochent des casques pour moto avec, souvent, un design très sportif. Le Virgomove ouvre visiblement le champ des possibles pour d’autres utilisateurs.

Une campagne de crowdfunding sur Kickstarter et un préfinancement à hauteur de 268.837 euros (avec quelque 2.500 préventes du casque à la clé !) ont permis d’insuffler au projet de Jean-Baptiste Petricoul toute son énergie… et d’évaluer l’attente, importante, du public pour cet équipement*.

Léger et personnalisable

Premier constat en utilisant le casque Virgomove dont les livraisons débutent : il est léger (à partir de 700 g, contre 500 g pour un casque plus classique), n’écrase pas la tête comme un casque de moto et, point agréable, libère les oreilles avec deux ouvertures prévues à cet effet. Et il dispose d’une mentonnière, un point capital pour protéger menton, bouche (et dents !) sur lequel les classiques casques pour vélo font l’impasse. Pourtant, il est reconnu qu’en cas d’accident (lorsque l’on fait un « soleil », par exemple), s’il n’est pas suffisamment serré, ce type de casque a tendance à vriller à l’arrière de la tête… Notons que certains modèles dédiés au VTT peuvent proposer une mentonnière amovible.

Il est possible de greffer au Virgomove une visière rabattable (fumée, polarisée, claire, jaune, selon les besoins) pour se protéger du soleil, des intempéries (et des insectes), mais aussi d’un phare arrière magnétique pour se signaler la nuit. Equipé d’un accéléromètre, il s’allumera plus intensément à chaque freinage. Face à la version de base et personnalisable du casque, existe également une version Mips. Encore peu connue en France, cette technologie développée par deux Suédois, minimise l’impact des chocs obliques dont l’énergie est absorbée par une sous-couche, mobile, du casque.

Reste le look. Et force est d’avouer que s’il est léger, le Virgomove… « pèse » quelque peu sur l’allure de son utilisateur. Un cap reste à franchir. Il est également impossible à ranger dans un sac. Pas facile, enfin, si l’on est une cycliste, d’y loger une queue-de-cheval…

Mieux qu’un casque moto

« Quitte à mettre un casque, autant mettre un casque intégral et être protégé au niveau du menton. Ce n’est pas beaucoup plus contraignant qu’un casque classique. D’autant que l’on constate qu’il y a pas mal de chutes où l’on se brise les dents, la mâchoire, imposant de la chirurgie avec reconstruction maxillaire », tempère Tanguy Andrillon, journaliste pour le média Transition Vélo.

L’expert note d’ailleurs que de plus en plus de cyclistes soucieux d’une meilleure sécurité pour leurs déplacements utilisent un casque intégral de moto… non sans quelques contraintes. La légèreté du Virgomove semble clairement jouer à son avantage. « Le marché pour ce type d’équipement, sans la contrainte du casque moto, va croître, c’est certain », poursuit Tanguy Andrillon.

Légalement, le port du casque à vélo reste à la discrétion de chacun. L’imposer casserait certainement la dynamique d’une pratique en expansion, notamment celle du vélo à assistance électrique. Et le port du casque obligatoire ruinerait sans doute aussi la pratique du vélo en libre-service dans les grandes agglomérations.

« Je préférerais que les cyclistes soient mieux protégés grâce au développement de davantage d’infrastructures », note le journaliste de Transition Vélo. Car selon lui, si « les casques actuels protègent souvent bien d’une chute tout seul, leur efficacité reste discutable contre une voiture ou un camion ».

* Disponible en cinq coloris à partir de 179 euros.