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états-unis« Du sang sur les mains »… Zuckerberg et la Big Tech sous le feu des élus

Protection des mineurs : « Du sang sur les mains »… Zuckerberg et la Big Tech sous le feu des élus américains

états-unisLes dirigeants de Meta, TikTok, X, Snap et Discord ont passé un sale moment face aux sénateurs américains, mercredi, lors d’une audition sur la protection des enfants et des adolescents
Le patron de Meta, Mark Zuckerberg, lors d'une audition face au Congrès américain sur les risques des réseaux sociaux pour les enfants et les adolescents, le 31 janvier 2024.
Le patron de Meta, Mark Zuckerberg, lors d'une audition face au Congrès américain sur les risques des réseaux sociaux pour les enfants et les adolescents, le 31 janvier 2024. - Mark Schiefelbein/AP/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

C’est l’un des rares sujets qui unit républicains et démocrates au Congrès américain. Les dirigeants de Meta (Facebook, Instagram), d’X (ex-Twitter), de TikTok, de Discord et de Snap ont essuyé des critiques féroces de sénateurs, mercredi, lors d’une audition sur les dangers que présentent les réseaux sociaux pour les enfants et adolescents. Les attaques les plus saillantes ont été réservées à Mark Zuckerberg et au patron de TikTok Shou Zi Chew, et seuls X et Snap ont officiellement apporté leur soutien à une loi visant à mieux protéger les enfants et les adolescents en ligne, notamment contre les risques d’exploitation sexuelle ou de harcèlement, de dépression et de suicide.

Des excuses de Mark Zuckerberg, mais sans prise de responsabilité

« Il n’existe aucun outil pour tenir les entreprises responsables. Au lieu de cela, les survivants et leurs défenseurs en sont réduits à supplier ces entreprises de privilégier la sécurité au lieu de leurs profits », a dénoncé le sénateur démocrate Dick Durbin, qui dirige la Commission judiciaire à l’origine de l’audition.

« Monsieur Zuckerberg, vous et les entreprises qui sont devant nous, je sais que vous ne le pensez pas, mais vous avez du sang sur les mains. Vous avez un produit qui tue des gens », a déclaré le sénateur Lindsey Graham aux dirigeants.

Le créateur de Facebook et patron de Meta a même dû se lever et s’excuser auprès des familles de victimes qui s’étaient massées dans la salle du Congrès, mais sans admettre une responsabilité de son entreprise : « Je suis désolé pour tout ce que vous avez dû vivre. Personne ne devrait avoir à traverser ce que vous avez enduré », a dit Mark Zuckerberg.

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TikTok en difficulté sur ses liens supposés avec Pékin

« En tant que père de trois jeunes enfants, je sais que les questions abordées aujourd’hui sont horribles et alimentent les cauchemars de tous les parents », a déclaré le responsable de TikTok Shou Zi Chew.

Le dirigeant a dû essayer un tir de barrage sur les liens troubles de la filiale du groupe chinois Bytedance avec Pékin. « Avez-vous déjà été associé ou affilié au parti communiste chinois ? », a insisté le sénateur républicain Tom Cotton. « Non, sénateur, encore une fois, je suis Singapourien », a répondu le jeune dirigeant. S’il a reconnu que la répression sanglante de Pékin sur la place Tian’anmen, en 1989, consitituait un « massacre », il s’est contorsionné pour éviter de qualifier le traitement des Ouïghours de « génocide ».

X et Snap promettent de soutenir une nouvelle loi

Mark Zuckerberg s’est étendu sur les nombreuses mesures prises par son groupe pour protéger les plus jeunes, rappelant avoir investi plus de 20 milliards de dollars dans la sécurité depuis 2016 et employé 40.000 personnes dédiées à la modération et la sécurité sur les plateformes.

Mais les sénateurs ont fait référence à des documents internes au géant des réseaux sociaux, qui prouvent que le dirigeant a refusé de renforcer les équipes chargées de débusquer les risques pour les adolescents. Ces documents font partie du dossier de plainte déposé par une quarantaine d’Etats américains fin octobre. Ils estiment que Meta nuit à la « santé mentale et physique de la jeunesse », évoquant les risques d’addiction, de cyber-harcèlement ou de troubles de l’alimentation.

En vertu de la législation américaine, les plateformes numériques sont largement protégées de toute responsabilité juridique en ce qui concerne les contenus partagés sur leur site. De nombreux élus souhaitent mettre en place davantage de règles pour mieux les encadrer, mais de nouvelles lois ont été bloquées par un Congrès très divisé sur les solutions et le lobbying intense des grandes entreprises technologiques.

L’une des propositions de loi existantes est le Kids Online Safety Act (KOSA), qui vise à protéger les enfants des algorithmes susceptibles de déclencher l’anxiété ou la dépression. X et Snap ont officiellement apporté leur soutien au texte tandis que Meta, TikTok et Discord ont fait part de leurs craintes sur le respect de la liberté d’expression.

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