Le lapin Nabaztag en voie d'extinction

ECONOMIE La société qui produit ce gadget high-tech est en redressement judiciaire et cherche des repreneurs...

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Le lapin Nabaztag, le premier objet qui communique grâce à sa liaison avec internet, s'est déjà vendu à 65.000 exemplaires depuis son lancement l'année dernière, et le petit animal français espère doubler la mise avec une version plus sophistiquée.
Le lapin Nabaztag, le premier objet qui communique grâce à sa liaison avec internet, s'est déjà vendu à 65.000 exemplaires depuis son lancement l'année dernière, et le petit animal français espère doubler la mise avec une version plus sophistiquée. — Damien Meyer AFP/Archives

Les lapins Wifi cherchent un nouveau maître. Violet, qui produit ces gadgets intelligents (ils peuvent lire des livres, communiquer entre eux, se transformer en radio ou en météorologue, voire chanter en chorale…) est depuis juin en redressement judiciaire.

Selon le site PCWorld, les revenus de cette petite entreprise d’une quinzaine de salariés sont passés de 3.1 millions d'euros en 2007 à 2.2 millions d'euros en 2008. Pas assez pour lui permettre de continuer.

Les éventuels repreneurs ont jusqu’au vendredi 4 septembre pour se manifester auprès de l’administrateur judiciaire qui établit le bilan économique de Violet.

Les clients comme bouée de sauvetage

Parmi eux, il y aura peut-être un groupe d’internautes. Des fans du Nabaztag essaient actuellement de mettre en place un plan de sauvetage de la boîte. L’opération, appelée «Save Nabaztag», propose aux volontaires de faire une promesse de dons pour racheter l’entreprise. En moins de deux semaines, plus de 8.000 personnes ont virtuellement réuni plus de 120.000 euros. Une somme importante, mais encore bien éloignée du but initial de 2 millions d’euros.

Problème: si l’intention est louable, la loi n’autorise pas qu’un groupe de plus de 30 personnes réponde à une telle candidature. À défaut de pouvoir changer la législation en vigueur, les fans espèrent qu’un investisseur sera laissera séduire par ce projet de rachat par la communauté.

Contactée par 20minutes.fr, l’équipe de Violet se dit flattée de l’intérêt porté par ses clients, mais précise que la situation judiciaire actuelle leur impose un certain devoir de réserve.

Une bonne volonté finalement nuisible ?

L’initiative des internautes pourrait aussi avoir des effets négatifs. Si les salariés de l’entreprise décidaient de racheter eux-mêmes des parts ou de mettre en place de nouveaux services payants (type «premium») pour se remettre à flots financièrement, «Save Nabaztag» pourrait alors devenir un concurrent. Emmanuel Moll, un des fondateurs de l’opération, assure vouloir soutenir en priorité les employés de Violet, si cette démarche se concrétisait.

«Nous sommes pour le rachat par les salariés, pour la simple raison que ce sont eux qui connaissent le mieux l’entreprise», a-t-il expliqué à 20minutes.fr. «Mais notre volonté est d’impliquer davantage la communauté des utilisateurs dans le processus de décision. Nous serions prêts à inclure les employés dans le projet, ou à les rejoindre si ils en venaient effectivement à vouloir racheter Violet.»

Une solution doit être trouvée d’ici dix jours, sous peine de devoir débrancher définitivement ces si «chers» lapins.