Mails, pièces jointes, vidéos… Quelles sont les bonnes pratiques pour une rentrée numérique écolo au bureau ?
EN TOUTE SOBRIETE (5/5)•Et si on doublait la durée de vie de chaque équipement informatique ? La planète s’en sortirait bien mieux et le porte-monnaie pas si mal… Plongée dans le cinquième et dernier épisode de notre série d’été sur la sobriété numérique en entrepriseLaure Gamaury
L'essentiel
- Parce que personne n’a envie que le numérique devienne un jour la première source de pollution au monde, 20 Minutes s’intéresse cet été à la sobriété numérique des entreprises. Où en est-on ?
- Dans le cinquième épisode de notre série, c’est l’heure des conseils pour une rentrée numérique plus verte au bureau.
- « Penser que supprimer ses mails, c’est agir pour la planète, c’est idiot, vraiment », s’agace Frédéric Bordage, expert en sobriété numérique, qui nous explique comment agir efficacement.
A l’heure où le mot « sobriété » est dans toutes les bouches, il est l’heure de boucler notre série d’été avec quelques conseils pour une rentrée numérique écolo au bureau. Pas de panique, car si politiques et journalistes débattent du côté restrictif et contraignant de la sobriété, Frédéric Bordage, expert indépendant et fondateur de Green IT, tient un discours bien différent : « Si on corrige nos mésusages et qu’on est un peu plus raisonnable, la sobriété numérique n’est pas un retour au monde des cavernes ».
Une petite diète - numérique entendons-nous - ne risque donc pas de contrarier les discussions endiablées autour de la machine à café, ni d’animer outre mesure les débats sur les vacances passées - « La Bretagne, vraiment, ça compte dans les destinations de vacances ? ! ». Encore faut-il l’appliquer à bon escient et savoir concentrer ses efforts sur les pratiques qui, écologiquement, en valent la peine.
Vaut-il mieux supprimer ses mails ?
Eternel débat post-été : dois-je supprimer mes 5.000 mails reçus pendant les vacances ? Les trier ? Ou bien encore les passer tous en « lus » sans en ouvrir aucun ? Réponse sans concession de Frédéric Bordage : « Penser que supprimer ses mails, c’est agir pour la planète, c’est idiot, crétin, vraiment ». L’expert, qui en a assez d’entendre ce genre de discours focalisé sur le stockage des mails, assène que c’est un détail. « Le temps passé à supprimer des mails crée plus d’impacts environnementaux que de les conserver. Dans le bilan global, c’est négatif ».
« Ce qui pèse le plus, c’est le temps passé par le lecteur et l’émetteur derrière leur écran, plus le transport, a fortiori en 4G, et seulement après vient le stockage, ajoute-t-il encore. On jette l’opprobre sur le stockage des mails alors que le sujet, c’est de ne pas en envoyer ». Pas la peine le jour de la reprise de se taper trois heures à remonter le fil de sa boîte mail, donc. Tapez seulement dans la barre de recherche les adresses de vos collègues pour retrouver rapidement les infos importantes.
Limiter les envois et les pièces jointes, une bonne idée ?
Dans la même lignée, qui dit rentrée, dit bonnes résolutions. Essayez d’inclure dans votre routine une réflexion avant de cliquer sur « Envoyer » : ce mail est-il vraiment indispensable ?
De même, on entend souvent tout et son contraire sur les pièces jointes, mais quel est leur impact ? « Limiter les PJ, c’est une bonne idée. Les remplacer par des liens vers des sites de téléchargement aussi, abonde Frédéric Bordage. Mais cette démarche est vraiment très peu significative puisque nos usages numériques ne constituent pas une source d’impact importante ».
Des usages raisonnables et raisonnés
Mais alors, quel levier puis-je activer pour utiliser un numérique raisonné ? Tristan Labaume, président fondateur de l’alliance Green IT, parle de « réfléchir l’utilisation de services numériques au sens large, à bon escient et au juste besoin ». Ai-je vraiment besoin de regarder une vidéo de chaton ? D’autant plus dans un train avec de la 4G ou de la 5G et un téléphone de haute qualité ? Bref, penser sobriété numérique, c’est pendant ses heures de travail, mais aussi en dehors, en déplacement ou à la maison.
Enfin, le conseil n’est pas nouveau mais il est vraiment important d’éteindre tous ses terminaux numériques une fois leur utilisation terminée. Pour le porte-monnaie et pour réduire sa facture d’électricité, mais aussi pour la durée de vie des appareils. Qui est, s’il faut le rappeler, le nerf de la guerre écologique : la production de ces appareils informatiques représente aujourd’hui 80 à 90 % de leurs impacts environnementaux totaux.
Et si votre société n’a pas encore misé sur du matériel informatique reconditionné, un site web éco-conçu ou un fournisseur de cloud responsable, proposez-lui des solutions slow tech et partez à l’assaut des idées reçues sur le métavers. Elle vous en remerciera. Et la planète aussi.



















