Hashtags, théories du complot… L’antisémitisme prospère chez les jeunes à cause des réseaux sociaux

CONTENUS HAINEUX Des plateformes grand public comme Instagram et TikTok sont utilisées pour introduire auprès des jeunes des théories du complot antisémites, indique une étude 

H. B. avec AFP
— 
Un rassemblement contre l'antisémitisme à Paris, le 19 février 2019.
Un rassemblement contre l'antisémitisme à Paris, le 19 février 2019. — AFP

L’antisémitisme se propage sur les réseaux sociaux. Les contenus haineux, et plus spécifiquement les propos antisémites continuent de se répandre sur les grandes plateformes, s’alarme un rapport publié cette semaine par des organisations européennes.

Malgré le renforcement des techniques de modération, des réseaux sociaux comme Instagram et TikTok sont utilisées quotidiennement pour diffuser des contenus négationnistes et antisémites auprès des plus jeunes utilisateurs, indique une étude conduite par l’association britannique Hope not hate, la fondation allemande Amadeu Antonio Foundation et le groupe suédois Expo Foundation.

Des « millions » de hashtags liés à l’antisémitisme sur Instagram et TikTok

Les discours les plus extrêmes et prolifiques se trouvent sur des sites de niche comme Parler et 4chan, souligne le rapport, qui s’inquiète que des plateformes grand public comme Instagram et TikTok soient utilisées pour introduire auprès des jeunes des théories du complot antisémites.

Sur Instagram, dont 70 % des utilisateurs dans le monde sont âgés de 13 à 34 ans, on trouve des « millions » de hashtags liés à l’antisémitisme. Sur TikTok, où les utilisateurs sont plus jeunes – 69 % ont entre 16 et 24 ans – trois hashtags liés à l’antisémitisme ont été vus plus de 25 millions de fois en six mois.

« L’antisémitisme a atteint les jeunes utilisateurs sous la forme de théories du complot »

« Une nouvelle génération d’utilisateurs des réseaux sociaux se sont vus présenter des idées antisémites auxquelles ils n’auraient vraisemblablement pas été confrontés ailleurs », a déclaré Joe Mulhall, responsable de la recherche chez Hope not hate. L’étude souligne que sur les plateformes grand public, l’antisémitisme a atteint les jeunes utilisateurs sous la forme de théories du complot, avec une « augmentation sans précédent » pendant la pandémie.

Les recherches de l’expression « nouvel ordre mondial » dans Google, une théorie du complot antisémite, a ainsi atteint son plus haut niveau depuis quinze ans en mars 2020. L’étude met également en évidence que la négation de l’Holocauste avait mué sur Internet dans des « formes plus moqueuses et adaptées à l’Internet de déni ».

Le rapport souligne l’échec de la plupart des plateformes pour résoudre le problème alors qu’elles ont les moyens d’agir. Un porte-parole de Facebook a réagi, déclarant que l’antisémitisme est « complètement inacceptable » et a mis en avant le durcissement de sa politique l’an dernier, qui a permis de lutter davantage contre la haine en ligne et le négationnisme. Un porte-parole de TikTok a quant à lui fait valoir que la plateforme « condamne l’antisémitisme » et « continue de renforcer (ses) outils pour lutter contre les contenus antisémites ».