Jeux vidéo : Activision Blizzard visé par une enquête après plusieurs plaintes de harcèlement

SEXISME Le studio de jeux vidéo fait, depuis fin juillet, l’objet de poursuites en Californie pour des faits similaires

20 Minutes avec agences
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Le logo d'Activision Blizzard (illustration)
Le logo d'Activision Blizzard (illustration) — Jae C. Hong

Le régulateur américain des marchés financiers (SEC) a lancé récemment une enquête sur Activision Blizzard. L’éditeur de jeux vidéo est soupçonné de ne pas avoir suffisamment communiqué sur les accusations de harcèlement et de discrimination dont il fait l’objet.

L’enquête concerne « la communication de la société liée à ses employés et à des sujets connexes », a confirmé un porte-parole sans apporter de précision. Le régulateur a réclamé des documents à la société ainsi qu’à plusieurs de ses dirigeants, actuellement en fonction ou qui ont quitté le groupe, selon une information du Wall Street Journal.

Des représailles contre les victimes

Le géant des jeux vidéo, propriétaire notamment de « Candy Crush » et « Call of Duty », était déjà l’objet de poursuites initiées pour la gestion de ses effectifs. Fin juillet, l’agence de lutte contre les inégalités en matière d’emploi et de logement (DEFH) de l’Etat de Californie l’a assigné devant un tribunal civil pour infraction à la législation du travail.

Le DEFH reprochait à Activision Blizzard d’avoir favorisé le développement d’une culture « sexiste ». Les femmes, en particulier les Afro-Américaines, étaient en moyenne moins bien payées que les hommes à fonctions équivalentes, et étaient moins fréquemment promues. Elles faisaient en outre l’objet d’un « harcèlement sexuel constant ». Selon le DEFH, les dirigeants et le service des ressources humaines étaient informés de ces agissements mais n’ont rien fait, prenant même parfois des mesures de représailles contre les femmes qui s’en plaignaient.

Fait rare pour cette industrie où les mouvements sociaux sont rares, plusieurs dizaines d’employés s’étaient rassemblés fin juillet devant le siège de l’entreprise pour protester contre cette situation. Le groupe s’était alors engagé à étudier toutes les plaintes et à prendre d’éventuelles mesures contre ceux de ses cadres et dirigeants qui auraient pu participer à de tels agissements. Début août, Activision Blizzard a annoncé le départ d’Allen Brack, responsable de la filiale Blizzard Entertainment, directement mis en cause.