Yahoo et AOL revendus à perte par Verizon au fonds Apollo

ENTREPRISES Le géant des télécoms cède sa division médias, qu'il avait rachetée 9 milliards, à moitié prix

P.B. avec AFP

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Les logos de Yahoo et AOL (illustration).
Les logos de Yahoo et AOL (illustration). — AFP

On appelle ça une mauvaise affaire. Avec un flair digne de Vivendi époque Jean-Marie Messier, le géant américain des télécoms Verizon avait racheté AOL puis Yahoo en 2015 et 2017 pour 9 milliards de dollars, espérant booster sa présence dans les médias et surtout sur la publicité en ligne. Mais face au duopole Google-Facebook, Verizon jette l’éponge, avec la revente de sa division médias au fonds Apollo Global Management annoncée lundi pour 5 milliards de dollars.

Selon les termes de la transaction, détaillés dans un communiqué de Verizon, le groupe va recevoir du fonds d’investissements Apollo 4,25 milliards de dollars en espèces, et 750 millions de dollars en titres préférentiels. Verizon gardera une participation de 10 % dans la nouvelle entité, appelée « Yahoo », et Guru Gowrappan restera à sa tête lorsque la transaction sera terminée, en principe au deuxième semestre.

98 % de baisse de valorisation

« Grâce à l’expertise sectorielle et la vision stratégique d’Apollo, Yahoo sera bien positionné pour profiter des opportunités de marchés », affirme Verizon dans le communiqué. Yahoo avait été valorisée jusqu’à 125 milliards de dollars en 2000. AOL avait pour sa part connu une fusion à 112 milliards de dollars en 2000 avec Time Warner avant d’être cédée à Verizon. Cela fait donc une chute vertigineuse de leur valeur combinée de 98 % en 20 ans.

Verizon n’a pas connu le succès espéré sur sa branche médias et a notamment dû provisionner fin 2018 une perte de 4,9 milliards de dollars, dont 4,6 milliards pour cette seule branche, et réduire ses effectifs. En cause, pas assez d’économies d’échelles, une concurrence accrue ayant causé des pertes de parts de marché et une forte pression sur les revenus publicitaires face à d’autres géants de l’Internet. Verizon avait au même moment annoncé des coupes drastiques dans les effectifs en raison d’une réorganisation stratégique en vue du déploiement de la technologie 5G.