Le tout petit Polaroid Go peut-il rivaliser avec l’Instax mini de Fuji?
PHOTO INSTANTANEE•Le nouveau Polaroid Go, que « 20 Minutes » a testé, se donne les moyens de marcher sur les platebandes de l’Instax mini de Fujifilm, mais ses photos instantanées sont toutes petitesChristophe Séfrin
L'essentiel
- Depuis cinq ans, la marque d’appareils photo instantanés Polaroid tente de se renouveler.
- Le Polaroid Go à 119 euros révèle une volonté de challenger le tout-puissant Instax mini de Fujifilm.
- Mais les photos prises par le Go sont plus petites et plus onéreuses.
Quelle mouche a piqué Polaroid ? Avec son nouveau Polaroid Go, le fabricant lance le plus petit appareil photo instantané du monde. Pratiquement deux fois moins encombrant qu’un classique « Pola », il n’est pas seulement trop mignon : il inaugure également un nouveau format de photo. Le charme agit à plein, mais le Go fait-il le poids face à la concurrence ?
Un tournant dans l’histoire de Polaroid
La saga Polaroid ne cesse de rebondir depuis le rachat de la société il y a cinq ans par l’industriel polonais Slawomir Smolokowski. A la tête de l’entreprise qui a failli disparaître dans les années 2000, Oskar, son fils, âgé d’une trentaine d’années.
Entreprenant, le jeune patron tente de redonner de sa superbe à la marque Polaroid fondée en 1937. Après différents appareils photo instantanés, comme le OneStep 2 lancé en 2017, ou sa version connectée OneStep + en 2018, le nouveau Polaroid Go marque un tournant. L’idée de Polaroid : proposer un appareil photo instantané pouvant tenir dans une poche et nous accompagner partout.
Mesurant 10,5 cm de long, 8,39 cm de large et 6,15 cm de haut, le Go réussit haut la main le pari de la miniaturisation. On croirait une maquette d’un traditionnel appareil Polaroid tant le petit dernier sait reprendre les codes esthétiques de ses aînés. Parmi eux, le logo aux cinq couleurs emblématiques de la marque, placé au-dessus de l’objectif.
Le don de double vue
Sans réglage, le Polaroid Go est néanmoins équipé d’un compteur de vues digital, d’un flash, et de la possibilité de réaliser des prises de vues dites « double exposure » (double exposition). Soit la superposition sur une même vue de deux images, créant un effet artistique. En appuyant deux fois consécutivement sur le déclencheur et en modifiant sa position face à l’objectif (tout en essayant de garder l’appareil photo bien stable !), il est assez simple d’obtenir un rendu original pour épater la galerie.
Agréable en main, simple à manipuler, il manque bizarrement le petit mode d’emploi nécessaire pour débusquer ces fonctions, déclenchées par le même bouton (celui avec le logo Flash) sur le dessus du Go. Après enquête, il faudra y appuyer une fois pour activer/désactiver le flash ; deux fois consécutivement pour lancer la fonction Double exposition. Polaroid mentionne également sur son site la présence d’un retardateur que nous n’avons toujours pas trouvé à l’heure où nous écrivons ces lignes…
Outre le viseur à l’arrière de l’appareil, le Polaroid Go dispose d’un miroir en façade pour mieux cadrer ses selfies. Ne pas hésiter à cadrer un peu plus serré, le Go ayant un peu tendance à laisser de la matière autour du sujet photographié.
Le format carré préservé
Mais qui dit plus petit boîtier dit aussi plus petites photos. Avec son nouveau joujou, Polaroid avance un nouveau format de papier. Les vues sont logiquement de taille réduite avec un format de feuille de 6,6 x 5,4 cm pour une zone de photo de 4,6 x 4,6 cm seulement. Polaroid a voulu conserver son légendaire format carré et les bordures blanches, dont celle, sous l’image, suffisamment large pour accueillir une légende écrite à la main.
Constat : les photos sont… vraiment petites ! Plus petites que celles réalisées avec les appareils photo Instax Mini de Fujifilm (8,6 x 5,4 cm). Format oblige, l’éclat propre aux photos Polaroid avec leur aspect vernissé est aussi moins apparent.
1,24 euro la photo
Par pack de 2 x 8 vues (19,99 euros), les tirages instantanés du Polaroid Go reviennent à 1,24 euros l’unité, contre 80 centimes l’unité environ chez Fuji. Et pour le moment, Polaroid ne propose pas de films noir et blanc, comme c’est le cas pour ses autres appareils photo instantanés.
Reste que c’est bien ce fameux Instax Mini de Fujifilm que Polaroid veut tenter de concurrencer avec son Go vendu 119 euros. La cible est identique (les jeunes désireux de partager dans l’instant leurs souvenirs), mais le format de photo est plus étriqué et le tarif plus élevé. L’appareil photo Polaroid Now lancé il y a à peine un an à 129 euros, permettait de retrouver le format photo original Polaroid (10,7 x 8,8 cm avec une photo de 7,9 x 7, 9 cm), mais avec des vues revenant à près de 2 euros chacune.



















