Russie : Enquête ouverte contre YouTube pour « abus de position dominante »

HÉGÉMONIE L’Agence fédérale anti-monopole (FAS) russe assure que ces pratiques peuvent « nuire aux intérêts des utilisateurs et limiter la concurrence »

20 Minutes avec agences

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Attention à ne pas laisser apparaître vos tatouages sur Youtube (si vous êtes recherchés)
Attention à ne pas laisser apparaître vos tatouages sur Youtube (si vous êtes recherchés) — Pixabay

La Russie a annoncé ce lundi l’ouverture d’une enquête contre Google et sa plateforme de vidéos YouTube pour « abus de position dominante », dernier exemple du bras de fer entre les autorités russes et les géants du numérique. Ces dernières semaines, Moscou a multiplié les sanctions à l’égard des américains Twitter, Facebook et YouTube, mais aussi envers le chinois TikTok, dénonçant leur toute-puissance et critiquant leur choix de publier (ou pas) certains contenus, notamment politiques.

Dans ce contexte, l’Agence fédérale anti-monopole (FAS) a dit avoir ouvert cette nouvelle enquête contre Google car « les règles de création, de suspension et de blocage de comptes YouTube et des requêtes des utilisateurs sont opaques, non objectives et imprévisibles ». « Cela conduit à des blocages soudains et à la suppression de comptes d’utilisateurs sans avertissement, ni fondement à de telles actions », a poursuivi le régulateur russe, ajoutant que ces mesures peuvent « nuire aux intérêts des utilisateurs et limiter la concurrence ».

Un signalement réalisé en décembre

Cette enquête a été lancée à la suite du signalement d’une organisation russe méconnue, le Centre régional des technologies Internet (Rotsit), qui se présente comme un groupe défendant « les intérêts des internautes » russes. « Le fait que la publication et la diffusion de contenus vidéo en Russie puissent être régulées par la législation d’autres pays n’est pas correct », avait dénoncé l’organisation en décembre, en annonçant ce signalement.

Selon cet organisme, les actuelles conditions d’utilisation de Google permettent de « restreindre arbitrairement n’importe quel compte » et les motifs de blocage ou de suspension sont « soumis à l’appréciation quasi illimitée de YouTube ». Dans un pays où, contrairement aux médias traditionnels, Internet reste relativement libre, de nombreux Russes s’informent de plus en plus sur des plateformes comme YouTube. Les enquêtes de l’opposant Alexeï Navalny y comportent des dizaines de millions de vues.

Les autorités russes irritées

Lundi, la porte-parole du militant emprisonné a dit avoir reçu un message de YouTube l’informant d’une demande du gendarme russe des télécoms, Roskomnadzor. Ce dernier, selon YouTube, a demandé la suppression d’une récente vidéo sur le compte de l’opposant appelant à manifester ce mercredi pour dénoncer les conditions de son emprisonnement à la dégradation de son état de santé.

En parallèle, les autorités russes se sont irritées récemment de restrictions pour le visionnage de films pro Kremlin diffusés sur YouTube. Roskomnadzor a ainsi accusé la plateforme de censure après des mises en garde sur de potentiels contenus inappropriés concernant deux documentaires, un sur la prise d’otage de Beslan en 2004, l’autre sur une bataille de la Seconde Guerre mondiale.