Facebook met le paquet sur l'audio et dévoile sa réponse à Clubhouse

WEB Le géant des réseaux sociaux mise sur les podcasts et des «salons de conversation»

20 Minutes avec AFP
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Les Live audio rooms, réponse de Facebook à Clubhouse.
Les Live audio rooms, réponse de Facebook à Clubhouse. — FACEBOOK

En matière d’innovation, Facebook a deux méthodes face à la compétition : le rachat (comme Instagram ou WhatsApp), ou la copie (Stories de Snapchat, Reels face à TikTok). Face au succès de la plateforme Clubhouse, ce sera donc la seconde solution. Lundi, Facebook a dévoilé ses « salons de conversation » audio en direct («Live audio rooms »), et a annoncé que ses utilisateurs pourraient « écouter des podcasts directement sur » son appli dans les mois qui viennent.

Sous l’influence du service de visioconférence Zoom puis de Clubhouse, Facebook a aussi étendu les fonctionnalités vidéo et audio en direct, sur le réseau et sur Instagram. Bien qu’accessible uniquement sur iOS (Apple) et sur invitation, Clubbouse est fréquentée par 10 millions d’utilisateurs toutes les semaines et est déjà valorisée à 4 milliards de dollars, un an seulement après son lancement très confidentiel dans la Silicon Valley.

Facebook a indiqué qu’il allait tester ses « Live audio rooms » ou « salons audio en direct », au sein des dizaines de millions de groupes actifs sur la plateforme. Ils devraient être disponibles pour tous ses utilisateurs d’ici l’été.

« Soundbites »

Les formats audio étaient en vogue avant la pandémie, mais les mesures de confinement et la fatigue du temps passé devant les écrans ont contribué à un engouement décuplé pour les plateformes qui permettent d’écouter ou d’interagir sans avoir les yeux vissés sur son portable ou ordinateur. Twitter teste ainsi depuis décembre ses « Spaces », et doit bientôt ouvrir pour de bon ces « espaces » de discussion, après avoir déjà lancé les tweets audio – de 140 secondes chaque – en juin dernier.

Les influenceurs (comédiens, militants, etc) et amateurs vont aussi pouvoir se servir de nouveaux outils de création sonores, notamment pour enregistrer des « Soundbites » (des « sonores »), un format qui va être testé dans les mois qui viennent. Il pourra s’agir, par exemple, de poèmes, d’anecdotes ou encore de sketchs humoristiques.

Dans les salons audio, les créateurs de contenu auront aussi accès à des options de monétisation, comme l’appel à dons ou des modèles d’abonnement. La capacité à générer des revenus pour les auteurs ou animateurs fait partie des enjeux majeurs de ce secteur.

Poussée des podcasts

« Plus de 170 millions de personnes sont déjà connectées à des centaines de milliers de pages Facebook sur des podcasts et plus de 35 millions sont membres de groupes de fans autour des podcasts – mais jusqu’à présent, vous deviez quitter l’appli Facebook pour écouter des épisodes », constate dans un communiqué Fidji Simo, responsable de l’application mobile de la plateforme.

« Et parce qu’il reste difficile de découvrir des podcasts que vous aimez, nous vous aiderons à trouver facilement de nouveaux titres et épisodes en fonction de vos intérêts », ajoute-t-elle.

Aux Etats-Unis, les amateurs de podcasts se servent principalement de Spotify, puis des applications dédiées d’Apple et Google, suivies par la plateforme Pandora, les sites web des émissions et Audible, l’appli de livres audio d’Amazon, d’après un sondage du cabinet eMarketer réalisé il y a un an.

Offrir l’écoute de podcasts directement sur Facebook permet au réseau de renforcer sa galaxie de services (communautés, rencontres, shopping, divertissements, etc) pour que ses utilisateurs passent encore plus de temps sur ses produits, du temps qui se traduit en recettes publicitaires.