#SaccageàParis, le hashtag qui relance le débat sur la propreté de la capitale

PARIS Le hashtag lancé sur Twitter il y a deux semaines est rapidement devenu viral provoquant une passe d’armes politique ce week-end dans la capitale

C.P. avec AFP

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Des détritus dans le canal de l'Ourq à Paris le 1er juin 2020.
Des détritus dans le canal de l'Ourq à Paris le 1er juin 2020. — OUPLINE-RENARD/SIPA

Cette fois-ci la polémique a été rallumée par les réseaux sociaux. Depuis plusieurs jours de nombreuses photos, postées sous le hashtag #saccageparis dénoncent un « abandon », ou un « saccage », ayant selon eux transformé la capitale en « dépotoir » ou en « ville-poubelle » aux allures de « favella ». Beaucoup ont aussi mis en cause la gestion de la maire PS Anne Hidalgo, éventuelle candidate de la gauche pour la présidentielle en 2022.

Le hashtag lancé le 21 mars dernier par le compte@panamepropre s’est même hissé ce samedi dans les tendances France de Twitter. « Je ne m’attendais pas à ce que cela prenne une telle ampleur. Mais je ne suis pas surpris. Je ne pouvais pas être le seul à être frappé par l’état de dégradation de la ville », a commenté auprès du Parisien le créateur du compte, Parisien quinquagénaire, cadre dans le privé, qui souhaite conserver l’anonymat et se présente comme « progressiste modéré » et se défend d’être encarté.

« Une campagne de dénigrement »

Face à ce hashtag devenu viral, la Ville de Paris a dénoncé « une campagne de dénigrement », affirmant sur son compte Twitter que « comme toutes les villes de France, Paris est confrontée à des incivilités et à des problèmes de régulation de l’espace public » et que « certaines photos postées sont anciennes ou prises avant le passage des équipes de la propreté ».

La Ville a précisé que « 2.500 agents interviennent tous les jours » et « dans tout Paris », mais que les effectifs étaient « actuellement réduits de 10 % en raison de la propagation du Covid-19 », ce qui « peut entraîner des retards de traitement ».

Rachida Dati et Marine Le Pen montent au créneau

De leur côté, les élus de droite ont demandé dans un communiqué l’organisation au Conseil de Paris « d’une séance exceptionnelle consacrée à la propreté, à la salubrité de l’espace public ».

« Il est temps que Mme Hidalgo et ses alliés ouvrent les yeux sur le déclin de Paris. Derrière ces photos, il y a l’insécurité, la ghettoïsation, le déclin social et économique de Paris ! », a affirmé sur Twitter la maire LR du 7e arrondissement Rachida Dati.

« Nous ne pouvons rester sourds à l’appel spontané des Parisiennes et des Parisiens », a renchéri la présidente de la fédération LR de Paris Agnès Evren.

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a, elle aussi, réagi, estimant dans un tweet que « la dégradation de notre si belle capitale par l’équipe Hidalgo est une souffrance nationale qui ne doit laisser aucun Français indifférent ».