M-128: La radio numérique de Muse nous fera-t-elle lâcher la FM pour de bon ?
ECOUTEZ LA DIFFERENCE•Avec sa radio M-128 DBT que «20 Minutes» a écoutée, Muse Audio veut démocratiser la radio numérique terrestre et le format DAB+ au dépend de la FM. Pari tenu?Christophe Séfrin
L'essentiel
- Alors que la radio numérique terrestre (ou DAB +) déploie progressivement ses ondes en France, Muse Audio lance une nouvelle radio compatible.
- DAB +, FM, mais aussi Bluetooth et faisant office de radio-réveil, le poste M-128 DBT est ainsi polyvalent.
- Vendu 89 euros, l’appareil tient la plupart de ses promesses, mais sa qualité sonore reste sans éclat véritable.
S’offrir une radio numérique ? Quelle drôle d’idée à l’heure des smartphones et autres enceintes nomades qui diffusent de la musique en streaming, des webradios, des podcasts et, bien entendu, nos habituelles stations nationales. Pourtant, avec sa M-128 DBT, la firme Muse propose un petit équipement complet, proposant la FM, le Bluetooth et le DAB + qui tente de faire sa place sur les ondes. 20 Minutes a tendu l’oreille pour savoir si l’on entendait la différence…
20 présélections DAB + et FM
Elle a une bonne petite bouille la radio M-128 DBT qui est lancée par Muse, spécialiste des équipements audio depuis 2007. La firme a notamment fait du DAB + son cheval de bataille. Le DAB + (ou Digital Audio Broadcasting), c’est que l’on appelait il n’y a pas si longtemps la Radio Numérique Terrestre. Cette technologie, qui doit à terme se substituer à la FM, s’implante peu à peu en France qui accuse cependant un très sérieux retard en la matière.
Une fois la M-128 DBT branchée sur secteur, son utilisation est immédiate. Son écran LCD en couleurs de 2,8’’/7,11 cm permet les réglages de base, comme le lancement d’un scan pour sélectionner les stations présentes en FM ou en DAB + et les mémoriser dans les 20 présélections proposées (10 FM ; 10 DAB +). En banlieue parisienne où nous avons testé la radio en confinement, nous accédons ainsi à 55 radios DAB + : de Beur FM à Chante France, en passant par France Inter, Bonheur, Urban Hits, Campus… Il faut parfois se glisser dans une panoplie d’aventurier pour découvrir certaines stations dont le logo s’affiche à l’écran.
Une qualité de son qui peut mieux faire
C’est l’un des intérêts du DAB + : outre le son, le procédé permet aussi d’afficher des textes et des images sur un écran. L’autre intérêt étant une diffusion en qualité numérique. Hélas, cela ne s’entend pas vraiment avec la M-128 DBT. La raison ? L’appareil, qui ne dispose que d’un haut-parleur, propose une puissance de 5 watts.
C’est assez classique pour ce type d’équipement, mais on aurait aimé que le son diffusé soit plus charnu, avec davantage d’épaisseur ou de chaleur. Dommage, car il est pour ainsi dire impossible de faire la différence entre la qualité de son d’une station entre DAB + et la même en FM. Malgré tout, on peut écouter la M-128 DBT à volume relativement élevé.
Shazam à la rescousse
Point embêtant : alors que le DAB + promet grâce à son système de transmission l’affichage de certaines informations, comme le titre de l’émission, voire celui du morceau joué, nous avons été surpris en écoutant la jeune quinqua FIP, par exemple, de ne pas accéder à la mention des titres joués. Il nous a fallu lancer l’application Shazam sur notre smartphone pour découvrir une belle nouveauté, Digital Introversion d’Aboukir, ou pour identifier Where Do I Go d’Alyn Ainsworth (une vieillerie présente sur l’album baba cool Hair lancé en 1968 !). Paradoxe : sur la radio cousine France Inter, le titre de l’émission Nagui, La bande originale, s’affiche bien durant sa diffusion, lui… Notre constat reste cependant assez global : près de la moitié des stations seulement proposent ce service d’informations.
Reste que la polyvalence du poste M-128 DBT est un atout. Equipé d’une connexion Bluetooth, l’appareil peut également être utilisé comme enceinte d’appoint dans une petite pièce, comme une chambre. C’est d’ailleurs là que la radio Muse pourra totalement s’exprimer puisqu’elle fait également office de radio-réveil avec la possibilité de régler deux alarmes et une fonction Snooze (pour repousser encore un peu l’heure de quitter sa couette !). On peut simplement regretter que sa surface ne fasse pas office de chargeur à induction pour smartphone, ce qui, sur une table de nuit, aurait fait du sens.
Vendue 89 euros, la M-128 DBT offre au final un bon rapport qualité prix. Mais sa qualité sonore sans éclat la confinera dans une fonction d’appareil d’appoint, alors qu’elle aurait pu nourrir de plus belles ambitions.



















