Jeux vidéo : Le PDG de Riot Games visé par une plainte pour harcèlement sexuel

HARCELEMENT Une ancienne employée de l’éditeur de jeux vidéo Riot Games estime avoir été licenciée après avoir refusé des faveurs sexuelles au PDG, Nicolo Laurent

20 minutes avec agences

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Riot Games est à l'origine du succès planétaire League of Legends. (Illustration)
Riot Games est à l'origine du succès planétaire League of Legends. (Illustration) — Geeko

L’éditeur et développeur américain de jeux vidéo Riot Games, à l’origine du célèbre League of Legends, et son patron français, Nicolo Laurent, sont poursuivis en justice par une ex-employée, qui accuse le dirigeant de harcèlement sexuel et de propos sexistes.

Comme l’a rapporté Vice ce mardi, la plainte a été déposée début janvier devant un tribunal de Los Angeles (Californie) par Sharon O’Donnell, une ancienne assistante de Nicolo Laurent renvoyée en juillet 2020. Elle y décrit une ambiance de travail toxique et malsaine pour les femmes de l’entreprise.

Riot Games dément

Sharon O’Donell affirme que Nicolo Laurent lui aurait fait des demandes de faveurs sexuelles en lui proposant notamment de venir chez lui quand sa famille était absente, utilisant un langage particulièrement cru. Il aurait également fait référence à la taille de ses sous-vêtements. L’ancienne employée estime que son licenciement est directement lié à son refus d’accepter ces avances.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, Riot Games a contesté les conditions du licenciement de Sharon O’Donnell, assurant avoir mis un terme à son contrat après « des dizaines de plaintes de la part d’employés et de partenaires extérieurs et après de multiples séances d’accompagnement pour essayer de tenir compte de ses préoccupations ». L’entreprise assure néanmoins prendre au sérieux toute accusation de harcèlement ou de discrimination et dit « étudier les allégations et agir contre toute personne ayant enfreint nos règlements ».

Une culture toxique

Travaillant chez Riot Games depuis 2009, Nicolo Laurent est devenu en 2017 directeur général du groupe connu pour son jeu d’arène de bataille en ligne multijoueur League of Legends, mais aussi pour l’organisation de nombreux tournois d’ e-sport.

En 2018, le site spécialisé Kotaku avait publié une longue enquête sur le sexisme au sein de la société californienne, décrivant une culture d’entreprise faisant la part belle à l’entre-soi masculin et refusant fréquemment des promotions aux femmes employées.

Ubisoft également épinglé

Cette enquête avait donné lieu à un recours collectif contre Riot Games, qui avait accepté de payer 10 millions de dollars en 2019 pour mettre un terme aux poursuites de 1.000 plaignantes, selon le Los Angeles Times. En juillet dernier, Nicolo Laurent avait publié une tribune sur le site Gamesindustry pour s’excuser des manquements de l’entreprise et avait assuré que la compagnie avait appris de ses erreurs.

Des allégations similaires à celles qui concernent Riot Games ont entaché la réputation d’autres poids lourds de l’industrie par le passé. En juin dernier, l’éditeur français Ubisoft a ainsi été éclaboussé par des accusations de violence et de harcèlement sexuel visant nommément des cadres de ses deux studios au Canada. Le PDG Yves Guillemot avait aussi promis à ses salariés un « changement structurel » de l’entreprise.