Egypte : Trois ans de prison pour harcèlement dans une affaire #MeToo

JUSTICE Arrêté le 4 juillet, l'homme a avoué avoir agressé et fait chanter six plaignantes, dont une mineure

20 Minutes avec AFP

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Un drapeau égyptien au Caire.
Un drapeau égyptien au Caire. — State Department photo/SIPA

Un tribunal égyptien a condamné ce mardi à trois ans de prison un ancien étudiant pour harcèlement sexuel envers deux jeunes femmes, une affaire qui avait déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux avec le hashtag du mouvement #MeToo.

Le tribunal des Affaires économiques, chargé des infractions liées au numérique, a condamné Ahmed Bassem Zaki « à trois ans de prison, en le reconnaissant coupable de harcèlement sexuel envers deux femmes, par téléphone, envoyant des photos à caractère sexuel à l’une d’elle et contactant l’autre de façon répétée sans son consentement », a indiqué une source judiciaire.

Le condamné peut faire appel

L’homme âgé d’une vingtaine d’années et ancien étudiant de la prestigieuse Université américaine du Caire (AUC) a la possibilité de faire appel, a-t-elle précisé.

L’affaire a éclaté le 1er juillet lorsque le compte Instagram « Assault Police » (« police du harcèlement ») a publié des dizaines de témoignages accusant Ahmed Bassem Zaki d’être un prédateur sexuel.

Un procès à venir pour agression contre trois mineures

Emanant surtout d’anciennes camarades, les récits – captures d’écran à l’appui – décrivaient d’innombrables scènes de chantage sexuel, d’agressions et de viol.

Arrêté le 4 juillet, Ahmed Bassem Zaki a avoué avoir agressé et fait chanter six plaignantes, dont une mineure. Il doit encore être jugé par un tribunal pénal le 9 janvier pour « agression » à l’encontre de trois mineures.

Un phénomène endémique en Egypte

L’affaire a remis sur le devant de la scène la question du harcèlement en Egypte, où les internautes s’étaient réappropriés, cette fois en nombre, le hashtag du mouvement #Metoo.

Si l’Egypte a connu d’autres vagues d’indignation face au harcèlement, aucune n’a eu d’impact décisif dans ce pays où l’immense majorité des femmes interrogées en ont été victimes, selon l’ONU.