Affaire Duhamel : Avec le hashtag #MeTooInceste, de nombreuses victimes témoignent sur Twitter

TEMOIGNAGES Le livre de Camille Kouchner « La Familia grande » a contribué à libérer la parole sur les réseaux sociaux

H. B.

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Illustration d'une victime de viol.
Illustration d'une victime de viol. — Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA

« C’était l’oncle cool de la famille », « c’était mon grand-père » ou encore « mon grand frère »… Dans la foulée de l’affaire Olivier Duhamel, de nombreux internautes ont pris la parole ce samedi sur les réseaux sociaux pour raconter, avec le hashtag #MeTooInceste, des faits de violences sexuelles commis par des membres de leur famille.

Sur le modèle du mouvement #MeToo qui a enclenché en 2017 une vague de libération de la parole des femmes dénonçant agressions et harcèlements sexuels, ce nouveau hashtag intervient « dans le sillage de la publication du livre de Camille Kouchner, La familia grande.  Elle révèle dans ce livre que son frère jumeau a été victime d’inceste par son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, lorsqu’il avait 14 ans.

« Je jouais aux Legos. Il est venu dans mon dos »

Près de 6.000 tweets ont ainsi été postés avec le mot-clé #MeTooInceste, qui a été l’un des mots-clés les plus utilisés ce samedi sur Twitter. Au fil des messages entremêlés de réactions de soutien et d’appels à « faire trembler les murs », se sont succédé de nombreux témoignages. « J’avais 5 ans. En une soirée, ce frère de ma mère a bouleversé ma candeur (…) En une seconde j’avais 100 ans », a rapporté une internaute. « Je jouais aux Legos. Il est venu dans mon dos. C’en a été fini de grandir. J’avais cessé de vivre », a témoigné une autre jeune femme.

« Tu venais me voir la nuit et tu me disais "c’est comme ça qu’un papa aime sa fille". Et tu me violais, tu me traitais comme un vulgaire objet sexuel » ou encore « La première fois, j’avais 3 ans, mon cousin avait 14 ans. Effroi. Trauma à vie et amnésie pendant des années », pouvait-on encore lire parmi tous les messages postés.

« Nous aurions la possibilité de détecter ces violences très vite et de les faire cesser »

Selon le mouvement féministe #NousToutes, « ces témoignages viennent confirmer ce que disent et répètent depuis de nombreuses années » les professionnels de la protection de l’enfance : « les personnes qui commettent le crime d’inceste viennent de tous les milieux », les adultes réagissent « peu ou mal » et les signaux envoyés par les victimes « ne sont pas entendus », explique le collectif dans un communiqué.

Le mouvement estime que « nous aurions la possibilité de détecter ces violences très vite et de les faire cesser », plaidant notamment pour des « campagnes de prévention massives » et pour une meilleure formation des professionnels qui travaillent au contact d’enfants.

L’inceste reste un sujet profondément tabou dans la société et encore minimisé, alors qu’il serait massif en France avec près d’une personne sur dix potentiellement touchée.