Coronavirus : Les étudiants partagent leur détresse sur les réseaux sociaux avec le hashtag #EtudiantsFantômes

UNIVERSITES Des milliers de messages d’étudiants dénonçant l’isolement et le décrochage scolaire se sont multipliés ces derniers jours sur Twitter et Instagram

H. B.

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Etudiant devant son ordinateur
Etudiant devant son ordinateur — Shutterstock

Décrochage scolaire, isolement, dépression, précarité… Depuis le début de la pandémie, ils se considèrent comme les « oubliés » de la crise sanitaire. Les annonces faites jeudi par le Premier ministre, Jean Castex, n’ont pas suffi à calmer la détresse et la colère des étudiants, qui se sentent abandonnés.

Sur les réseaux sociaux, des milliers de messages dénonçant l’isolement et les contenus pédagogiques peu adaptés au distanciel se sont multipliés ces derniers jours. Le hashtag #EtudiantsFantômes, créé sur Twitter par des étudiants qui se sentent oubliés et au bord du décrochage scolaire, s’est d’ailleurs classé en top tweet mercredi, et ne cesse depuis de prendre de l’ampleur.

« J’ai décroché la fac depuis novembre »

Ce sont des étudiants en sciences politiques de Montpellier qui ont décidé de créer ce hashtag, et de lancer un mouvement collectif sur les réseaux sociaux. « Le gouvernement nous infantilise, comme si nous n’étions pas plus responsables que des collégiens ou des lycéens, comme si nous n’étions pas suffisamment aptes à donner notre avis », explique Yasmine, l’une des instigatrices du hashtag, qui a également créé la page Instagram « Étudiants Fantômes ».

Plus de 70.000 tweets - des messages de témoignage et d’appel à l’aide – ont ainsi été publiés sur Twitter avec le hashtag #EtudiantsFantômes. « J’ai décroché la fac depuis novembre, car je n’arrive pas à suivre le même rythme type présentiel mais seule chez moi, avec des accès parcellaires aux BU. Le moindre essai de travail universitaire me provoque des crises de panique. Je fais partie des #EtudiantsFantomes », explique ainsi Marlène, une étudiante. « Je vais commencer un second semestre avec une administration qui ne répond ni au mail, ni au téléphone. Sans savoir comment se passeront exactement les cours, puis les examens. En voyant mes camarades tomber un à un », a également écrit une autre étudiante sur Twitter.

« La ministre de l’Enseignement supérieur nous infantilise en parlant de bonbons sur RTL ce qui attise encore plus l’énervement des étudiants sur les réseaux sociaux », explique également Quentin, un étudiant qui a contacté 20 Minutes pour faire part du désarroi dans lequel se trouvent aujourd’hui de nombreux étudiants en France.

« Des pensées suicidaires »

« On est un étudiant sur cinq à avoir eu des pensées suicidaires récemment, 30 % à présenter des états dépressifs et anxieux. C’est beaucoup trop et personne ne prend réellement ces chiffres et cette réalité en considération, ce qui est dangereux », s’insurge de son côté Mona. Selon un sondage réalisé sur la santé mentale à l’Université Paris 3, « 82,7 % estiment que leur santé mentale s’est dégradée cette année, 74,7 % d’entre eux pensent que les conditions d’enseignement y sont pour quelque chose », explique également Scargo, un étudiant en Info-Com qui a publié sur les réseaux sociaux des témoignages édifiants d’étudiants en souffrance.