Windows 7, nos impressions (positives)

HIGH-TECH Oubliez le cauchemar Vista: son successeur surprend agréablement...

Philippe Berry

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Le bureau de Windows 7, avec l'aperçu des fenêtres au-dessus de la barre des tâches
Le bureau de Windows 7, avec l'aperçu des fenêtres au-dessus de la barre des tâches — Microsoft
De notre correspondant à Los Angeles

Envie de tester le futur Windows 7? Dépêchez-vous: disponible en téléchargement ici depuis le 9 janvier, la beta du successeur de Vista sera retirée le 10 février –la licence restera cependant valide jusqu’en août prochain. Après avoir passé du temps à nous familiariser avec la bête, une conclusion s’impose: davantage optimisé, Windows 7 est ce qu’aurait dû être Vista... Il y a deux ans.

 
 
Conseils pratiques préalables

Une fois les 2,5 go téléchargés, deux solutions: installer Windows 7 en «dur» (soit en gravant l’image sur un dvd, soit en la chargeant sur un lecteur virtuel via, par exemple,  Daemon Tools) ; ou bien, la moins risquée, en l’installant en tant que «machine virtuelle» (guide complet en français ici). La seconde solution n’est pas optimale en termes de ressources mais évite la gestion de plusieurs systèmes d’exploitation (OS) sur votre ordinateur (pas de problèmes de désinstallation ou de multi-démarrage notamment). Si vous optez pour la première (ce que nous avons fait), ne procédez pas à une «upgrade» de votre OS existant mais plutôt à une nouvelle installation. De préférence, en ayant créé une partition (guide ici) sur votre disque dur rien que pour Windows 7, afin d’éviter une mauvaise surprise plus tard.

Tout ça vous effraie un peu? Demandez à votre meilleur ami informaticien, il s’en chargera en cinq minutes.

 

Une installation ultra rapide

(Note: la machine de test est un portable sorti il y a 18 mois, équipé d’un processeur Intel Core 2-Duo à 1.8 Ghz, de 2 Go de mémoire vive et d’une carte graphique avec 256 Mo de mémoire dédiée)

Installer Windows n’avait jamais été aussi rapide: 20 minutes, montre en main. Et miracle, sans problème de pilotes. Tout les périphériques sont détectés (sur la même machine, Vista première génération n’avait pas reconnu la carte son). A la fin de l’installation, Windows 7 détecte la connexion WiFi et demande son mot de passe. Les clés sont sur le volant. Ne reste plus qu’à s’installer sur le siège. Très rapidement, comme pour Vista, on devient fou avec des messages intempestifs «êtes-vous sûr de vouloir faire cette action» du contrôle de compte utilisateur. Heureusement, il suffit d’un clic pour changer les réglages et ne plus/moins être importuné.

 

Un gros bébé davantage optimisé

A peine installé, Win7 pèse déjà 5 Go. Et pourtant, il a été dégraissé: pas de logiciel mail ou de Messenger qui se téléchargent désormais via le pack «Live essentials». Un message conseille immédiatement d’installer un antivirus, avec des liens vers Kaspersky, Symantec et AVG.

Si Windows 7 est volumineux, Microsoft a en revanche retenu une des leçons de l’échec Vista (qui n’a pris que 20% de part de marché en deux ans, essentiellement via les ventes de nouvelles machines sur lesquelles il était préinstallé): ce Windows 7, même en beta, se révèle bien plus optimisé.

  • le démarrage (boot) est plus rapide: environ 45 secondes avant de pouvoir agir sur le bureau (similaire à XP, moins long que Vista)
  • avec une vingtaine d’onglets ouverts sous FireFox, un dvd en cours de gravure, Winamp, Gimp et Office en cours d’utilisation... Tout reste fluide –environ 50% de la mémoire utilisée (1 Go semble donc être un minimum). Sur la même configuration, Vista ne ramait pas mais donnait la désagréable impression de ne pas être aussi réactif que Windows XP.
 
Une nouvelle interface déroutante mais puissante

C’était le grand débat : Microsoft a-t-il copié le «deck» de Mac OS X pour sa nouvelle barre des tâches? Le look transparence/grosses icones a en effet des airs de «déjà vu». Mais comme le résume Gizmodo: avantage Windows. Cette barre devient le véritable centre névralgique du bureau.

Au début, on est un peu perdu. Où est passée l’icône de raccourci bureau? (désormais, il s’agit d’un petit rectangle tout en bas à droite: si on passe la souris dessus, le bureau se dévoile, si on clique, on s’y rend. Et le «touche windows + D» marche toujours). La différence entre un raccourci et une application en cours d’exécution ne saute pas aux yeux (un léger effet lumineux), créer un nouveau document quand Word est déjà ouvert, peu pratique (clic droit sur l’icône, puis nouveau document).

En revanche, certaines fonctionnalités vous manquent très vite en repassant à XP ou Vista

  • Aero peek, qui permet d’avoir un aperçu des fenêtres en passant la souris sur une icône de la barre des tâches –y compris des miniatures des onglets de vôtre navigateur Internet
  • Aero snap, une série de mouvements intelligents pour manipuler vos fenêtres: déplacez-en en haut de l’écran et elle s’agrandit, à gauche ou à droite et elle se redimensionne à la moitié de l’écran, secouez-la et elle chasse ses voisines
  • les jump lists qui offrent notamment un accès rapide aux derniers fichiers ouverts via un clic droit sur une application

Sans compter la gestion des écrans tactiles (que nous n’avons pas testé).

 

 

La date de commercialisation reste floue, mais on peut tabler sur une petite année. Reste à voir ce que donnera Windows 7 en termes de sécurité (et de compatibilité logicielle pour les entreprises), en espérant que Microsoft renonce à sortir de multiples versions de son OS –ce qui ne semble pas gagné. Certains (notamment les développeurs qui s’arrachent parfois les cheveux) peuvent aussi regretter que le système de base de registres, introduit avec Windows 95, et qui a la fâcheuse tendance à devenir une plaie après quelques mois d’installations/désinstallations, n’ait pas encore été revu de fond en comble.

 

Mais une chose est sûre: l’expérience est enfin agréable. Windows 7 s’annonce-t-il comme une révolution? Certainement pas. Mais il sera peut-être temps de mettre XP au placard. Enfin.

 
 

Quelles sont vos impressions? Microsoft a-t-il tiré les leçons de Vista? Ou quoi qu’il fasse, vous préférez de toute façon Ubuntu ou Mac OS X?