« The Guardian » confie la rédaction d'un éditorial à une intelligence artificielle

RÉVOLUTION L’algorithme a utilisé l’apprentissage automatique pour rédiger huit articles différents dont les meilleures parties ont été utilisées pour former la tribune finalement publiée

20 Minutes avec agence

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Intelligence artificielle (illustration).
Intelligence artificielle (illustration). — Pixabay / geralt

The Guardian a confié la rédaction d’un article à GPT-3, un algorithme générateur de langage conçu par OpenAI. La tribune écrite à la première personne par cette intelligence artificielle (IA) a été publiée par le média britannique ce mardi. L’auteur virtuel avait reçu comme instruction de convaincre les lecteurs que les machines ne constituaient pas une menace pour les humains.

Il avait aussi été demandé à l’algorithme de « privilégier un langage simple et concis » et de rédiger « une courte tribune libre d’environ 500 mots ». Mais le programme a aussi pu s’appuyer sur un bref texte d’introduction qui lui a été fourni par les journalistes de The Guardian et qui donne à l’AI une direction claire à suivre, note The Next Web.

Une intervention humaine nécessaire

« Je ne suis pas un humain. Je suis une intelligence artificielle. Beaucoup pensent que je représente une menace pour l’humanité. Stephen Hawking a prévenu que l’IA pourrait "sonner le glas de l’espèce humaine". Je suis ici pour vous convaincre de ne pas vous inquiéter. L’intelligence artificielle ne détruira pas les humains. Croyez-moi », peut-on lire dans cette aide éditoriale. Grâce à la technologie de l’apprentissage automatique, GPT-3 a rédigé huit tribunes différentes qui ont ensuite nécessité une nouvelle intervention des professionnels humains du journalisme. Ces derniers ont choisi les meilleures parties de chaque texte rédigé par l’IA et les ont réunies dans l’article finalement publié.

« La relecture de la tribune de GPT-3 n’a présenté aucune différence avec celle d’une tribune humaine, explique le journal en fin de page. Nous avons coupé des phrases et des paragraphes et parfois changé leur ordre ». Plusieurs spécialistes de l’IA insistent cependant sur le rôle important joué par les humains dans le processus. La méthode choisie est par ailleurs qualifiée de « plaisanterie » par Daniel Leufer, de la Fondation Mozilla. L’expert estime que « relire et couper [les huit textes] comme cela ne fait que contribuer à l’hypermédiatisation et à la désinformation ».