Un moteur de recherche permet de retrouver toutes les photos d’une personne sur Internet

POLEMIQUE La mise à disposition gratuite auprès du grand public de cette technologie de reconnaissance faciale inquiète les défenseurs du droit à la vie privée

20 Minutes avec agence

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Un homme devant un ordinateur (illustration)
Un homme devant un ordinateur (illustration) — Damian Dovarganes/AP/SIPA

Les défenseurs du droit à la vie privée sur Internet s’inquiètent des potentielles dérives. Le programme polonais de recherche et de reconnaissance faciale PimEyes revendique 6.000 utilisateurs inscrits à travers le monde depuis sa création en 2017. Après le téléchargement d’une seule photo d’un individu, cet outil recherche tous les autres clichés de cette personne sur l’ensemble du Web.

Le dispositif explore pour cela les portails accessibles au public comme les blogs, les sites d’information ou les portails photographiques comme Tumblr, explique un article de la BBC du jeudi 11 juin.

25 photos possibles avec l’offre premium

Les créateurs de PimEyes présentent leur moteur de recherche comme un outil numérique gratuit de lutte contre une utilisation malveillante de photos de soi. Mais le programme peut aussi être utilisé pour dénicher sur le Web les images d’une tierce personne. Il propose d’ailleurs une offre premium qui permet de rentrer jusqu’à 25 clichés différents dans le logiciel et d’être alerté lorsque des nouvelles photos de ces individus sont mises en ligne. 350 utilisateurs sont actuellement abonnés à ce service.

Les responsables du moteur affirment ne pas étendre leur recherche aux images publiées sur les réseaux sociaux, contrairement à ce que croit avoir découvert la BBC. « Si vous trouvez des visages postés sur Facebook, cela veut dire que quelqu’un les a mis en ligne ailleurs », assure-t-on chez PimEyes. La société met par ailleurs en avant son règlement en matière de respect de la vie privée et déclare que « n’importe quel outil peut être utilisé à mauvais escient ».

Inquiétude des défenseurs de la vie privée

Reste que les défenseurs de la vie privée redoutent une mauvaise utilisation de cette technologie. Cette dernière « rend possible une surveillance par le gouvernement, un suivi à des fins commerciales et même du harcèlement à une échelle auparavant inimaginable », alerte Big Brother Watch.

La dirigeante de l’ONG britannique, Silkie Carlo, estime qu'« il est effrayant de voir cette puissante technologie de surveillance commercialisée auprès d’utilisateurs individuels. C’est parfait pour le harcèlement et cela met les femmes et les enfants en danger comme jamais ».