Des applications ont été mises au point pour garder son anonymat en manifestation

FLOUTAGE Plusieurs outils numériques ont récemment été créés par des développeurs ou proposés par des plateformes afin d’aider les manifestants à protéger leur identité

20 Minutes avec agence

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Manifestation contre les violences policières dans le monde, lundi 8 juin 2020 à Nantes.
Manifestation contre les violences policières dans le monde, lundi 8 juin 2020 à Nantes. — L.Venance/AFP

Face à la multiplication des révoltes dénonçant le racisme et les violences policières, les autorités américaines intensifient la surveillance des manifestants. Des photos prises par ces derniers ou par les forces de l’ordre sont susceptibles d’être exploitées : grâce à la technologie de la reconnaissance faciale, des individus peuvent être identifiés. Mais des outils numériques ont été récemment été mis en place pour aider les manifestants à conserver l’anonymat et à éviter les représailles, relate le média spécialisé TechCrunch.

Ces dispositifs, qui fleurissent depuis à peine une semaine, ont été mis au point par plusieurs développeurs pour être appliqués aux clichés qui circulent sur les réseaux sociaux. L’un d’entre eux, Noah Conk, a ainsi créé un raccourci pour iPhone. Il floute automatiquement tous les visages qu’il détecte sur une photo. Ce logiciel repose sur le dispositif de reconnaissance faciale d’Amazon.

Masquer les « éléments reconnaissables »

Sam Loeschen a quant à lui créé « censr », un outil similaire mais qui agit en temps réel sur les photos prises avec un iPhone XR ou un modèle plus récent. L’application utilise la réalité augmentée et propose une autre fonctionnalité : l’effacement des métadonnées attachées au fichier, qui rendent possible l’identification du lieu, de la date et de la source de l’image.

La suppression de ces données et le floutage des visages font également partie des actions proposées par une appli mise au point par Everest Pipkin. Cet outil de protection de la vie privée peut aussi masquer les « éléments reconnaissables » et « n’envoie les données nulle part », a expliqué le programmeur sur Twitter, le 31 mai dernier. Aucune information n’est téléchargée ou stockée par le dispositif, qui fonctionne à la fois sur smartphone et sur ordinateur.

Au-delà des experts, dont les outils sont souvent en open-source, les grands noms du numérique ont aussi commencé à s’intéresser à la préservation de l’anonymat de leurs utilisateurs. La plateforme de messagerie Signal, très populaire parmi les manifestants, a ainsi indiqué ce mercredi sur son blog proposer sa propre fonctionnalité intégrée de floutage des visages.