Reconnaissance faciale : Microsoft refuse à la police américaine l’accès à sa technologie

ETATS-UNIS Selon un haut responsable, Microsoft ne vendra pas sa technologue « tant qu’il n’y aura pas de législation fédérale solide basée sur les droits de l’Homme »

20 Minutes avec agences

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Le groupe Microsoft (illustration).
Le groupe Microsoft (illustration). — Yichuan Cao/Sipa USA/SIPA

Microsoft a annoncé qu’il refusera à la police américaine l’accès à sa technologie de reconnaissance faciale, en l’absence de législation. L’initiative, à l’instar d’autres géants de l’Internet, s’inscrit sur fond de manifestations contre les violences policières.

« Nous ne vendons pas notre technologie de reconnaissance faciale à des services de police américains à l’heure actuelle, et tant qu’il n’y aura pas de législation fédérale solide basée sur les droits de l’Homme, nous ne vendrons pas cette technologie aux forces de l’ordre », a déclaré Brad Smith, un haut responsable de Microsoft lors d’une table ronde organisée par le Washington Post.

Microsoft pour « une régulation gouvernementale forte »

Microsoft prévoit également de mettre en place des mécanismes pour évaluer l’usage fait de cette technologie controversée même en dehors des forces de l’ordre. « Ces deux dernières années nous nous sommes concentrés sur le développement et la mise en œuvre de principes solides pour nous aider dans l’usage de la reconnaissance faciale, et nous n’avons cessé de demander une régulation gouvernementale forte », a insisté Brad Smith.

Le responsable s’est engagé à travailler de concert avec d’autres partisans d’une législation dans ce domaine et a indiqué que Microsoft profitait de l’occasion « pour renforcer les processus d’examen des demandes de nos clients qui souhaitent utiliser cette technologie à grande échelle ».

Amazon, IBM et Google aussi

Depuis la mort de George Floyd, Afro-Américain asphyxié par un policier blanc à Minneapolis, les entreprises, ainsi que les autorités locales et nationales, tentent de réagir à la pression de la rue et des réseaux sociaux. Mercredi, Amazon a décidé d’interdire à la police d’utiliser son logiciel de reconnaissance faciale Rekognition pendant un an, pour donner au Congrès le temps de « mettre en place des règles appropriées » d’utilisation de la technologie.

IBM avait déjà annoncé lundi suspendre la vente de logiciels similaires d’identification et s’était dit « opposé à l’utilisation de toute technologie à des fins de surveillance de masse, de profilage racial et de violations des droits et libertés humaines de base ». Lors d’un discours à Bruxelles en janvier, Sundar Pichai, le patron de Google, avait lui expliqué que son entreprise ne fournirait pas de service clé en main de reconnaissance faciale tant que des règles et garde-fous n’étaient pas mis en place par les autorités.